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Hyperplasie congénitale des surrénales : comprendre et accompagner cette maladie génétique

L’hyperplasie congénitale des surrénales représente un groupe de maladies génétiques rares touchant les glandes surrénales. Ces petites glandes situées au-dessus des reins jouent un rôle fondamental dans la production des hormones nécessaires au fonctionnement de l’organisme. Chez un enfant atteint de la maladie, un déficit enzymatique perturbe cet équilibre hormonal dès la naissance. Cette anomalie héréditaire nécessite une prise en charge médicale précoce pour prévenir les complications graves et permettre un développement harmonieux.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 10 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que l’hyperplasie surrénale congénitale ?
  3. Les différentes formes de la maladie surrénalienne
  4. Comment se déroule le dépistage néonatal ?
  5. Quels sont les traitements des maladies surrénaliennes congénitales ?
  6. Quelle surveillance pour les enfants atteints de la maladie ?
  7. Comment gérer les situations d’urgence ?
  8. Quel avenir pour la fertilité ?
  9. Vivre au quotidien avec une hyperplasie congénitale
  10. FAQ

En bref

  • La maladie surrénalienne congénitale résulte d’un déficit enzymatique héréditaire affectant la production hormonale des glandes surrénales.
  • Le dépistage néonatal systématique au troisième jour de vie permet une détection précoce des formes classiques de la maladie.
  • Un traitement efficace repose sur une substitution hormonale quotidienne à vie, associée à une surveillance régulière dans un centre de référence.
  • Les filles atteintes de la forme classique peuvent présenter une virilisation variable des organes génitaux externes à la naissance.
  • La transmission autosomique récessive justifie un conseil génétique pour les familles concernées.

Qu’est-ce que l’hyperplasie surrénale congénitale ?

La maladie congénitale des surrénales se caractérise par un développement excessif du tissu surrénal. Ce phénomène résulte d’un déficit enzymatique qui empêche la production normale de certaines hormones. Dans plus de 90 % des cas, le déficit en hydroxylase de type 21 constitue la cause principale. Cette enzyme intervient dans la fabrication du cortisol et de l’aldostérone, deux hormones indispensables à la vie.

Les glandes surrénales produisent trois types d’hormones majeures. Le cortisol protège l’organisme contre les agressions, maintient la glycémie et régule la pression artérielle. L’aldostérone contrôle les niveaux de sel et d’eau dans le corps. Les androgènes, hormones sexuelles masculines, sont normalement sécrétés en faible quantité. Lorsque la glande surrénale fonctionne mal, cette production devient déséquilibrée.

La maladie d’hyperplasie se transmet selon un mode autosomique récessif. Les deux parents portent une mutation génétique sans présenter de symptômes. Chaque grossesse comporte alors 25 % de risque de donner naissance à un enfant malade. Cette transmission génétique explique pourquoi l’insuffisance surrénale peut toucher plusieurs membres d’une même famille.

Les différentes formes de la maladie surrénalienne

La forme classique avec perte de sel

Les formes sévères classiques avec perte de sel représentent les situations les plus graves. Le déficit en hydroxylase est complet, empêchant toute production de cortisol et d’aldostérone. Sans traitement de la maladie, le nouveau-né développe rapidement une déshydratation sévère. Les vomissements, l’hypoglycémie et les troubles électrolytiques peuvent engager le pronostic vital dans les premières semaines de vie.

Chez les filles, une virilisation variable des organes génitaux externes apparaît dès la naissance. Cette anomalie résulte de l’excès d’androgènes produits par les glandes surrénales. Les organes génitaux internes restent normaux, préservant la fertilité future. Les garçons naissent avec des organes génitaux externes d’apparence normale, rendant le diagnostic plus difficile sans le dépistage néonatal.

Bon à savoir

1 personne sur 15 000 environ est touchée par la maladie. Depuis 1996, le dépistage à la naissance est obligatoire en France.

La forme classique sans perte de sel

Dans cette variante, le déficit en hydroxylase reste partiel. La production d’aldostérone demeure suffisante pour éviter les pertes de sel. Néanmoins, l’insuffisance en cortisol et l’excès d’androgènes provoquent des manifestations cliniques. Les enfants atteints de la maladie présentent une accélération de la vitesse de croissance et une maturation osseuse précoce.

Une puberté précoce peut survenir si le traitement de l’insuffisance surrénale n’est pas correctement équilibré. Chez les filles, la virilisation des organes génitaux reste présente à des degrés variables. Cette forme bénéficie également du dépistage néonatal pour une prise en charge précoce.

Les formes non classiques

Les formes non classiques se manifestent plus tardivement dans la vie. Le déficit en hydroxylase surrénalienne est modéré, permettant une production hormonale presque normale. Le dépistage néonatal ne détecte pas ces formes, car les anomalies biologiques restent discrètes à la naissance.

Les symptômes apparaissent généralement à l’adolescence. Une pilosité précoce, de l’acné, des troubles menstruels et une baisse de la fertilité orientent vers le diagnostic. Chez certaines personnes, la découverte survient à l’âge adulte lors d’un bilan d’infertilité. L’hyperplasie surrénale non classique nécessite rarement un traitement hormonal systématique.

Comment se déroule le dépistage néonatal ?

En France, le dépistage néonatal systématique existe depuis 1995. Cette procédure s’effectue au troisième jour de vie par un prélèvement de quelques gouttes de sang au talon. Le sang est déposé sur un papier buvard spécial, appelé test de Guthrie. Cette technique simple permet de détecter plusieurs maladies génétiques, dont les formes classiques de HCS.

Le laboratoire dose la 17-hydroxyprogestérone, une hormone qui s’accumule lorsque la 21-hydroxylase fonctionne mal. Un taux élevé nécessite des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic. Plus de 24 millions d’enfants ont bénéficié de ce dépistage en France, permettant la prise en charge de plus de 1 000 enfants. Chaque année, 30 à 50 nouveaux cas sont détectés grâce à cette surveillance.

Bon à savoir

L’hyperplasie congénitale des surrénales est une maladie rare, génétique, à transmission autosomique récessive : seules les personnes ayant l’anomalie du gène sur leurs deux chromosomes sont malades.

Les prématurés nés avant 32 semaines d’aménorrhée ne bénéficient pas immédiatement du dépistage. Leur taux de 17-hydroxyprogestérone est naturellement élevé, rendant l’interprétation difficile. Un second prélèvement est réalisé quelques semaines plus tard. Cette précaution évite les faux positifs tout en assurant une détection fiable.

Quels sont les traitements des maladies surrénaliennes congénitales ?

L’hydrocortisone en traitement de substitution

Le traitement de la maladie repose sur une substitution hormonale quotidienne. L’hydrocortisone remplace le cortisol manquant. Cette hormone protège l’organisme contre les situations de stress et maintient la glycémie stable. Les doses d’hydrocortisone sont adaptées individuellement selon le poids, la taille et les dosages hormonaux.

La prise s’effectue en deux ou trois fois par jour, à horaires réguliers. Cette répartition mime la production naturelle du cortisol, plus importante le matin. Une dose d’hydrocortisone insuffisante expose à une insuffisance surrénale aiguë. À l’inverse, un surdosage freine la croissance et favorise une prise de poids excessive.

Lors d’une fièvre, d’une infection ou d’une intervention chirurgicale, les besoins en cortisol augmentent. Il faut alors tripler les doses habituelles pour compenser ce stress physiologique. Cette adaptation prévient la survenue d’une crise surrénalienne potentiellement grave. La maladie d’Addison présente des mécanismes similaires d’insuffisance hormonale nécessitant une vigilance comparable.

La fludrocortisone et l’apport en sel

Dans les formes classiques avec perte de sel, la fludrocortisone compense le déficit en aldostérone. Cette hormone régule l’élimination du sodium et du potassium par les reins. Sans ce traitement, l’organisme perd trop de sel et d’eau, provoquant une déshydratation rapide.

Un apport supplémentaire en sel est souvent nécessaire chez le nourrisson. Les parents ajoutent une pincée de sel dans les biberons selon les recommandations médicales. En période estivale, lorsque la transpiration augmente, cet apport doit être majoré. Cette précaution simple prévient les déséquilibres électrolytiques.

Bon à savoir

Les hormones sont des sortes de messagers organiques sécrétés dans le sang par des glandes et agissant sur des organes spécifiques.

La chirurgie reconstructrice

Chez une fille atteinte de la forme classique présentant une virilisation des organes génitaux, une chirurgie reconstructrice peut être proposée. Cette intervention n’a aucun caractère d’urgence. Elle s’effectue après obtention d’un bon équilibre du traitement hormonal, généralement entre un et deux ans.

Un chirurgien pédiatrique expérimenté, exerçant dans les centres de référence et de compétence, réalise cette chirurgie délicate. L’objectif consiste à normaliser l’apparence des organes génitaux externes tout en préservant la sensibilité et la fonction. Les parents reçoivent une information complète sur les bénéfices et les risques avant de prendre leur décision.

Quelle surveillance pour les enfants atteints de la maladie ?

Le suivi s’organise dans un centre de référence ou un centre de compétence spécialisé. Ces structures regroupent des pédiatres endocrinologues, des chirurgiens, des gynécologues et des psychologues. Cette approche multidisciplinaire garantit une prise en charge globale et coordonnée.

Les consultations sont rapprochées chez le nourrisson, tous les deux à quatre mois. Chez l’enfant et l’adolescent, le rythme s’espace à trois à six mois. À l’âge adulte, deux visites annuelles suffisent généralement. Chaque consultation comprend une mesure de la taille, du poids et de la pression artérielle.

Des dosages hormonaux réguliers vérifient l’équilibre du traitement. Une radiographie de la main gauche évalue la maturation osseuse une fois par an. Cette surveillance permet d’ajuster les doses d’hydrocortisone pour obtenir une croissance harmonieuse. Un traitement bien équilibré prévient la puberté précoce et optimise la taille adulte finale.

Comment gérer les situations d’urgence ?

L’insuffisance surrénale aiguë représente la complication la plus redoutée. Elle survient lorsque l’organisme manque brutalement de cortisol. Des vomissements répétés, une diarrhée importante ou un malaise doivent alerter. Sans intervention rapide, la pression artérielle chute et un état de choc peut se développer.

Bon à savoir

L’enzyme la plus souvent déficiente est la 21 hydroxylase. Plus rarement, on retrouve des déficits en : 3 béta déshydrogénase, 17 hydroxylase, et 11 béta hydroxylase.

Lorsque l’enfant ne peut plus avaler ses médicaments, une injection intramusculaire d’hémisuccinate d’hydrocortisone s’impose. Les parents apprennent cette technique lors de l’éducation thérapeutique dispensée par une infirmière spécialisée. Une trousse d’urgence contenant le matériel nécessaire doit toujours accompagner l’enfant.

Après l’injection, il faut contacter immédiatement les services d’urgence. Une hospitalisation permet de poursuivre le traitement par voie intraveineuse et de surveiller l’évolution. Chaque personne atteinte porte sur elle une carte de soins et d’urgence mentionnant son diagnostic et le traitement à administrer. Cette carte facilite la prise en charge par les équipes médicales non spécialisées.

Quel avenir pour la fertilité ?

Chez les femmes, la fertilité peut être altérée par un mauvais équilibre du traitement hormonal. Un excès d’androgènes perturbe l’ovulation et provoque des cycles irréguliers. Un suivi gynécologique spécialisé s’avère nécessaire dès l’adolescence. Avec un traitement bien conduit, la plupart des femmes peuvent avoir des enfants.

Chez les hommes, des reliquats de tissu surrénal peuvent se développer dans les testicules. Ces masses, détectables par échographie dès l’adolescence, compriment parfois les tubes séminifères. Cette compression altère la production de spermatozoïdes. Une surveillance échographique régulière permet de dépister ces anomalies. Un traitement hormonal optimisé durant et après la puberté réduit ce risque.

Le conseil génétique aide les couples concernés à comprendre le mode de transmission. Lorsque les deux parents portent une mutation du gène responsable, un diagnostic prénatal peut être proposé. Cette démarche permet d’identifier précocement une atteinte chez le fœtus et d’organiser la prise en charge dès la naissance.

Vivre au quotidien avec une hyperplasie congénitale

L’éducation thérapeutique constitue un pilier fondamental de la prise en charge. Les parents, puis l’enfant progressivement, apprennent à reconnaître les signes d’alerte. Ils comprennent l’importance de la régularité des prises et des adaptations nécessaires. Cette autonomisation favorise une meilleure qualité de vie.

Bon à savoir

Dans de rares cas en anténatal, afin de diminuer la virilisation des fillettes, on prescrit à la mère de la déxamethaxone par voie orale.

Le soutien psychologique accompagne les familles dans l’acceptation du diagnostic. Les questions liées à la différence physique, particulièrement chez les filles, nécessitent un accompagnement bienveillant. L’adolescence représente une période délicate où l’observance du traitement peut diminuer. Un dialogue ouvert avec l’équipe soignante aide à traverser ces moments difficiles.

Avec un traitement adapté et un suivi régulier, l’espérance de vie reste normale. Les enfants atteints de la maladie peuvent mener une vie active et épanouie. La scolarité se déroule normalement, et la pratique sportive est encouragée. Seules les situations de stress intense nécessitent une vigilance particulière et une adaptation du traitement.

FAQ

Peut-on guérir de l’hyperplasie congénitale des surrénales ?

Non, cette maladie génétique ne se guérit pas. Le traitement hormonal substitutif doit être poursuivi toute la vie. Néanmoins, il permet de prévenir les complications graves et d’assurer un développement normal. Les recherches génétiques progressent, mais aucune thérapie curative n’est disponible actuellement.

Mon enfant peut-il pratiquer du sport avec cette maladie ?

Oui, l’activité physique est recommandée et bénéfique. Il faut simplement veiller à une bonne hydratation et à un apport en sel suffisant lors d’efforts prolongés. En cas de compétition ou d’activité intense, une adaptation des doses d’hydrocortisone peut être nécessaire. Le médecin référent fournit des conseils personnalisés selon le type de sport pratiqué.

Comment reconnaître une crise surrénalienne chez mon bébé ?

Les signes d’alerte incluent des vomissements répétés, un refus de s’alimenter, une somnolence inhabituelle et une pâleur marquée. Le bébé peut présenter une respiration rapide et des extrémités froides. Face à ces symptômes, il faut administrer immédiatement l’injection d’urgence et contacter les secours. Cette réaction rapide sauve la vie de l’enfant.

Les frères et sœurs risquent-ils d’être atteints également ?

Chaque grossesse comporte 25 % de risque de donner naissance à un enfant atteint lorsque les deux parents sont porteurs. Les frères et sœurs ont également 50 % de chance d’être porteurs sains de la mutation. Un conseil génétique permet d’évaluer précisément ces risques et d’envisager un dépistage prénatal lors des grossesses suivantes.

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