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Le syndrome de Marshall : une maladie auto-inflammatoire de l’enfant

Le syndrome de Marshall, également appelé syndrome PFAPA, touche principalement les jeunes enfants. Cette maladie auto-inflammatoire se caractérise par des épisodes récurrents de fièvre élevée accompagnés de symptômes ORL spécifiques. Bien que contraignante au quotidien, cette affection reste bénigne et disparaît généralement avant l’adolescence.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 9 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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bébé en consultation médicale avec maman
© Thinkstock
Être parent

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que le syndrome de Marshall ?
  3. Les causes du syndrome PFAPA
  4. Comment reconnaître les symptômes ?
  5. Le diagnostic du syndrome de Marshall
  6. Les traitements disponibles
  7. L’évolution et le pronostic
  8. Vivre au quotidien avec le syndrome de Marshall
  9. Le suivi médical
  10. FAQ

En bref

  • Le syndrome PFAPA provoque des poussées de fièvre élevée tous les 3 à 6 semaines, durant 3 à 6 jours.
  • Les symptômes associent pharyngite, aphtes buccaux et ganglions cervicaux gonflés.
  • La maladie débute entre 1 et 5 ans et régresse spontanément avant 10 ans dans la majorité des cas.
  • Le traitement repose sur des corticostéroïdes en crise et parfois une amygdalectomie.

Qu’est-ce que le syndrome de Marshall ?

Le syndrome PFAPA représente la maladie auto-inflammatoire pédiatrique la plus fréquente. L’acronyme PFAPA signifie Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and Adenitis. Décrite pour la première fois en 1987, cette affection touche environ 2 à 3 enfants sur 10 000 naissances en France, soit près de 3 000 à 4 000 nouveaux cas chaque année.

La maladie se manifeste par une alternance de périodes de crises et de rémissions complètes. Entre les épisodes fébriles, l’enfant retrouve un état de santé normal et poursuit son développement sans difficulté. Cette caractéristique cyclique constitue un élément clé du diagnostic.

Les garçons sont légèrement plus touchés que les filles. Le syndrome de Marshall apparaît dans tous les pays, sans prédominance géographique particulière. Des cas familiaux ont été rapportés, suggérant une possible composante génétique, mais aucune mutation spécifique n’a été identifiée à ce jour.

Les causes du syndrome PFAPA

Les causes exactes du syndrome Marshall restent inconnues. Les recherches actuelles pointent vers une dérégulation du système immunitaire inné. Durant les crises, le corps produit une quantité excessive de cytokines pro-inflammatoires, notamment l’interleukine-1.

Cette réaction inflammatoire survient sans infection bactérienne détectable. Les antibiotiques se révèlent inefficaces, confirmant l’absence de cause infectieuse. À l’inverse, les corticostéroïdes apportent une réponse rapide et spectaculaire, ce qui oriente vers un mécanisme auto-inflammatoire.

Les facteurs environnementaux pourraient jouer un rôle déclencheur chez des enfants génétiquement prédisposés. Certaines infections virales semblent parfois précipiter les crises. Néanmoins, le syndrome PFAPA ne présente aucun caractère contagieux.

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Comment reconnaître les symptômes ?

La fièvre constitue le symptôme principal du syndrome de Marshall. Elle débute brutalement, atteint souvent 39 à 40°C et dure entre 3 et 6 jours. Les épisodes se reproduisent de manière stéréotypée, généralement toutes les 3 à 6 semaines, avec une régularité parfois surprenante.

Chaque crise fébrile s’accompagne d’au moins un des trois signes suivants : une pharyngite exsudative ou érythémateuse, des aphtes buccaux souvent discrets, et des adénopathies cervicales sensibles au toucher. La stomatite aphteuse peut affecter la langue, les gencives ou l’intérieur des joues.

D’autres manifestations peuvent apparaître : douleurs abdominales, maux de tête, douleurs musculaires ou perte d’appétit. Certains enfants présentent une altération marquée de l’état général durant les crises. Entre les épisodes, l’enfant retrouve une santé normale, sans syndrome inflammatoire résiduel.

Les particularités selon l’âge

Chez les nourrissons et les très jeunes enfants, les symptômes peuvent être moins typiques. La fièvre domine le tableau clinique, tandis que les aphtes passent parfois inaperçus. Les parents remarquent une irritabilité marquée et un refus alimentaire durant les crises.

Chez l’adulte, le syndrome PFAPA présente des caractéristiques différentes. Les arthralgies et les myalgies deviennent plus fréquentes. Des manifestations cutanées comme des éruptions ou un œdème palpébral peuvent survenir. La durée moyenne des crises atteint 4 à 5 jours.

Le diagnostic du syndrome de Marshall

Le diagnostic du syndrome PFAPA repose essentiellement sur l’examen clinique et l’interrogatoire. Aucun test spécifique ne permet de confirmer la maladie. Le médecin recherche la présence de fièvres récurrentes débutant avant 5 ans, avec une périodicité régulière et des symptômes caractéristiques.

Les examens biologiques montrent une élévation marquée de la CRP et une leucocytose durant les crises. Entre les épisodes, ces marqueurs inflammatoires redeviennent normaux. Cette normalisation complète constitue un élément rassurant et orientant le diagnostic.

Bon à savoir

Important : il est essentiel d’être vigilant. Entre les signes, l’enfant se porte en effet très bien et grandit normalement.

Le diagnostic reste un diagnostic d’exclusion. Le médecin doit éliminer d’autres causes de fièvres récurrentes : infections virales à répétition, neutropénie cyclique, ou maladies auto-inflammatoires héréditaires comme la fièvre méditerranéenne familiale. Des analyses génétiques peuvent être proposées pour écarter ces affections.

Les critères diagnostiques

Les critères internationaux du syndrome Marshall incluent des épisodes de fièvre récurrente débutant avant 5 ans, une pharyngite avec ou sans exsudat, des aphtes buccaux, et des adénopathies cervicales. La croissance et le développement de l’enfant doivent rester normaux entre les crises.

La réponse rapide aux corticostéroïdes et l’absence de réponse aux antibiotiques renforcent le diagnostic. Le dosage de l’acide mévalonique urinaire permet d’exclure un déficit en mévalonate kinase, une maladie auto-inflammatoire héréditaire proche.

Les traitements disponibles

Le paracétamol représente le traitement de première intention. Administré à la dose de 15 mg par kilogramme toutes les 6 heures, il apporte une réponse modeste sur la fièvre. L’ibuprofène, à la dose de 20 à 30 mg par kilogramme par jour sans dépasser 1200 mg, offre une meilleure efficacité.

Les corticostéroïdes constituent le traitement de référence du syndrome PFAPA. Une dose unique de prednisone ou prednisolone à 1 mg par kilogramme, administrée dans les 12 premières heures de la crise, entraîne une disparition rapide de la fièvre. Cette efficacité spectaculaire aide également au diagnostic.

L’usage des corticoïdes présente toutefois une limite : chez 25 à 40% des patients, le traitement raccourcit l’intervalle entre les crises. Il convient donc de limiter leur utilisation à une ou deux prises par mois maximum pour éviter les effets secondaires.

Les options chirurgicales

L’amygdalectomie associée à l’adénoïdectomie peut être envisagée dans certaines situations. Cette intervention n’est pas systématique. Elle trouve une indication formelle en cas d’obstruction ORL majeure avec syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Bon à savoir

La vitesse de sédimentation est une mesure faite sur une prise de sang qui permet d’évaluer la présence d’inflammation. Un tube de sang, contenant des cellules sanguines est placé à la verticale pendant quelques heures. On étudie la vitesse à laquelle les différents éléments tombent au fond du tube : cette vitesse est en effet modifiée en présence de protéines de l’inflammation.

Les études rapportent une efficacité de 65 à 97% sur la résolution des crises. La décision chirurgicale se prend au cas par cas, généralement après 6 ans, en tenant compte de l’impact de la maladie sur la qualité de vie. Certains patients présentent une amélioration transitoire avant une récidive des symptômes.

Les autres approches thérapeutiques

La colchicine peut être discutée en centre spécialisé lorsque les corticoïdes doivent être administrés trop fréquemment. Son efficacité reste débattée dans le syndrome de Marshall, contrairement à d’autres maladies auto-inflammatoires. Une supplémentation en vitamine D durant l’hiver peut être proposée.

La cimétidine n’est plus recommandée en raison de son absence d’efficacité démontrée. Le montelukast fait l’objet de discussions dans certains centres experts. Les causes des aphtes étant multiples, des traitements locaux peuvent soulager ce symptôme spécifique.

L’évolution et le pronostic

Le syndrome PFAPA présente une évolution favorable dans la grande majorité des cas. Plus de la moitié des enfants connaissent une rémission spontanée avant 10 ans. La disparition complète des symptômes survient généralement avant l’adolescence, sans séquelle ni complication.

La croissance et le développement psychomoteur restent normaux. Aucun cas d’amylose, complication redoutée des maladies auto-inflammatoires chroniques, n’a été rapporté. Ces éléments rassurants permettent d’accompagner les familles avec sérénité.

Certains enfants peuvent présenter un rapprochement des crises ou des rechutes après une période d’accalmie. Des cas de persistance à l’âge adulte existent mais demeurent rares. Chez l’adulte, la fréquence familiale apparaît plus élevée que chez l’enfant.

Vivre au quotidien avec le syndrome de Marshall

Les crises récurrentes impactent la vie familiale et la scolarité. Les absences répétées à l’école nécessitent une organisation particulière et une communication avec l’équipe éducative. Un projet d’accueil individualisé peut faciliter la gestion des crises en milieu scolaire.

À noter

Depuis le 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine), bien que toujours disponibles sans ordonnance, ne peuvent plus être présentés en libre accès dans les pharmacies (décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé du 17 décembre 2019 modifiant la liste mentionnée à l’article R. 5121-202 du Code de la santé publique).

L’allocation journalière de présence parentale peut être demandée pour aider les familles à gérer les absences professionnelles liées aux soins. Le soutien psychologique des parents et de l’enfant s’avère parfois nécessaire face à l’anxiété générée par la récurrence des symptômes.

L’activité physique reste recommandée entre les crises. Aucun régime alimentaire spécifique n’est requis. Les conditions météorologiques n’influencent pas la survenue des épisodes. La vie sociale doit être maintenue autant que possible pour préserver l’équilibre de l’enfant.

La vaccination

Les vaccinations suivent le calendrier vaccinal habituel. Il convient d’informer le médecin avant l’administration de vaccins vivants atténués. Ces vaccins doivent être évités durant les crises fébriles. Aucune contre-indication absolue n’existe en dehors des périodes symptomatiques.

Le suivi médical

Le médecin traitant peut assurer le suivi une fois le diagnostic posé. Une orientation vers un pédiatre ou un spécialiste des maladies auto-inflammatoires reste nécessaire en cas de doute diagnostique ou de prise en charge complexe. Certains centres hospitaliers disposent d’une expertise spécifique.

L’éducation thérapeutique des familles constitue un élément clé de la prise en charge. Les parents apprennent à reconnaître les signes avant-coureurs des crises et à adapter le traitement. Un calendrier des épisodes aide à identifier la périodicité et à anticiper les crises.

Une réévaluation annuelle permet d’adapter la stratégie thérapeutique. Le médecin surveille la fréquence des crises, l’efficacité des traitements et l’impact sur la qualité de vie. Cette surveillance régulière assure une prise en charge optimale jusqu’à la résolution spontanée de la maladie.

FAQ

À quel âge disparaît le syndrome de Marshall ?

Le syndrome PFAPA disparaît généralement avant 10 ans. Plus de la moitié des enfants connaissent une rémission complète durant la première décennie de vie. Quelques cas persistent jusqu’à l’adolescence ou l’âge adulte, mais ces situations restent exceptionnelles.

Les frères et sœurs risquent-ils de développer un syndrome PFAPA ?

Des cas familiaux ont été rapportés, suggérant une prédisposition génétique. Néanmoins, aucune transmission héréditaire directe n’a été démontrée. Le risque pour la fratrie existe mais reste limité. La maladie ne présente aucun caractère contagieux.

Peut-on prévenir les crises du syndrome de Marshall ?

Aucune mesure préventive spécifique ne permet d’éviter les crises. La colchicine en traitement de fond peut espacer les épisodes chez certains patients. L’amygdalectomie offre une solution préventive dans les cas sévères. La supplémentation en vitamine D pourrait avoir un effet bénéfique selon certaines observations.

Le syndrome PFAPA nécessite-t-il une reconnaissance en maladie rare ?

Le syndrome de Marshall figure parmi les maladies auto-inflammatoires mais ne bénéficie pas systématiquement du statut de maladie rare. Son caractère bénin et transitoire limite les démarches administratives. Une prise en charge en affection de longue durée peut être discutée selon l’impact sur la vie quotidienne et la fréquence des crises.

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