Encoprésie

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Le terme d'encoprésie a été utilisé pour la première fois en 1926 pour trouver un équivalent fécal à l'énurésie. Il s'agit d'une affection assez commune de l'enfant, qui peut revêtir ou non des causes psychologiques et doit donc être traitée avec circonspection.

Le point sur l'encoprésie.

Encoprésie : définition

La définition communément retenue est celle du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV, Association américaine de psychiatrie) :

« L'encoprésie est la défécation involontaire ou délibérée dans des endroits non appropriés chez un enfant d'âge chronologique et d'âge mental d'au moins 4 ans. Pour porter ce diagnostic, il faut que le trouble survienne de façon durable (depuis au moins 6 mois) à une fréquence d'au moins une fois par mois. »

  • L'encoprésie touche environ 3 % des enfants de 3 ans et 1,5 % des enfants de 8 ans. Elle concerne plutôt les garçons (3 garçons pour 1 fille).
  • Chez certains enfants, on constate en plus une énurésie ou d'autres perturbations psychologiques ou neurologiques.
  • Elle est, dans la grande majorité des cas, diurne.

Différentes formes d'encoprésie

On parle :

  • d'encoprésie primaire lorsqu'elle survient avant l'acquisition de la propreté (70 % des cas) ;
  • d'encoprésie secondaire lorsque la propreté a été acquise pendant au moins un an avant d'être perdue ultérieurement.

Par ailleurs, il existe plusieurs formes d'encoprésie :

  • L'encoprésie rétentionnelle : elle représente 95 % des cas et fait suite à une constipation fonctionnelle. Celle-ci, souvent ancienne, est responsable de l'accumulation de matières fécales. La perte de selles se produit alors par débordement.
  • L'encoprésie non rétentionnelle : l'enfant présente alors un problème de pertes fécales, c'est-à-dire qu'il a tendance à émettre des selles au moment même où il en ressent le besoin.

Bon à savoir : il existe également des cas d'encoprésie non rétentive plus particulièrement liés à des problèmes psychologiques. On retrouve alors souvent des troubles du comportement, des troubles de coordination, des troubles du langage, voire une note psychiatrique importante.

Encoprésie : causes et symptômes

Le plus souvent, l'encoprésie est précédée d'une constipation opiniâtre.

L'encoprésie peut également être passagère et faire suite à une fissure anale qui entraîne douleur et peur d'aller à la selle.

Il arrive également que ses causes restent assez mystérieuses.

Des facteurs psychologiques peuvent être à l'origine d'encoprésie, notamment :

  • une volonté d'opposition de l'enfant ;
  • des facteurs émotionnels et affectifs liés à des changements dans la vie de l'enfant ;
  • une perturbation de la relation mère-enfant ;
  • la traduction d'une tendance dépressive ;
  • des difficultés psychologiques secondaires à des erreurs lors de l'apprentissage de la propreté.

Bon à savoir : l'encoprésie est souvent un moyen de communication de l'enfant avec son entourage.

Les symptômes liés à l'encoprésie, en dehors des suintements de selles liquides, sont :

  • des douleurs abdominales ;
  • des ballonnements abdominaux ;
  • la constipation.

Diagnostic et traitement de l'encoprésie

Pour poser le diagnostic d'encoprésie, le médecin :

  • élimine les autres causes d'incontinence ;
  • élimine le diagnostic de maladie de Hirschsprung ;
  • évalue la gravité de la pathologie ;
  • oriente les parents sur une possible cause psychologique ;
  • valide une courbe staturo-pondérale normale et un examen neurologique normal ;
  • prescrit éventuellement des radiographies pour confirmer la stase des selles.

À noter : la qualité d'écoute du médecin lors du diagnostic est primordiale afin d'évaluer correctement les symptômes psychologiques et de proposer un traitement adéquat et complet.

Il faut mettre en place un traitement adapté spécifiquement à chaque cas et prenant en compte les répercussions physiques et psychiques.

  • Il n'y a pas encore de consensus réel sur le traitement médicamenteux mais, le plus souvent, on rétablit la fonction intestinale avec des traitements médicamenteux contre la constipation ainsi qu'un régime adapté.
  • À ces médicaments, on peut associer une thérapie comportementale pour réapprendre le processus d'aller à la selle (par exemple, rester assis aux toilettes quelques minutes matin et soir).
  • Enfin, si nécessaire, une psychothérapie peut être associée aux précédents traitements.

Pour approfondir le sujet :

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