Dyspraxie et précocité

Sommaire

Un enfant précoce n’est pas systématiquement dyspraxique, et inversement. Mais précocité et dyspraxie sont deux caractéristiques souvent associées chez les enfants. Explication de ces termes et de leur lien.

Qu’est-ce que la dyspraxie ?

Une maladresse pathologique

La dyspraxie est ce que l’on appelle couramment une maladresse pathologique. C’est un trouble de la planification des gestes intentionnels organisés en séquences qui touche spécifiquement les enfants, sans pour autant qu’ils présentent de déficit intellectuel ou musculaire. Les réflexes, par exemple, sont conservés.

À noter : un enfant dyspraxique se développe normalement sur le plan psychomoteur, sans retard de l’acquisition de la marche.

Un trouble fluctuant

La dyspraxie est un trouble qui peut être fluctuant : un enfant qui réussit une fois un geste sans difficulté peut, une autre fois, être incapable de le faire.

À noter : la dyspraxie touche 5 à 8 % des enfants de 5 à 11 ans, avec 8,5 garçons pour une fille.

Des difficultés à l'école

Les enfants dyspraxiques tombent souvent, se cognent, ont des difficultés dans les jeux d’assemblages, l’écriture ou le dessin. À l’école, bien que brillants à l’oral, ils éprouvent rapidement des difficultés et redoublent fréquemment.

Qu’est-ce qu’un enfant précoce ?

Un enfant précoce possède un âge mental supérieur à son âge réel de 2 à 7 ans.

Il a souvent une bonne mémoire, une bonne culture générale, un vocabulaire soutenu et une grande rapidité pour résoudre les problèmes. Il possède généralement une grande créativité et une forte sensibilité. Mais il reste dans le plaisir immédiat et la toute-puissance, ce qui l’empêche de faire l’effort d’apprendre et de mettre en place des stratégies : il reste sur ses acquis et manque de motivation, ce qui entraîne fréquemment un isolement social, une sous-estimation et une mauvaise gestion du temps et de l’espace.

À noter : les enfants précoces représentent 2,3 % d'une classe d’âge.

La dyspraxie chez l’enfant précoce

Certains enfants précoces rencontrent des difficultés qui ne sont pas caractéristiques de leur précocité mais de la dyspraxie qui l’accompagne. Tous les enfants précoces ne souffrent pas de dyspraxie, mais un enfant précoce en souffrance est souvent un enfant précoce dyspraxique. De la même manière, un enfant dyspraxique n’est pas forcément précoce.

Quels sont les signes de la dyspraxie chez l’enfant précoce ?

L'enfant dyspraxique précoce souffre d'une dissociation entre le savoir et le savoir-faire. Il comprend et s’exprime très bien, mais il a des difficultés à faire ce qu’on lui demande, ou le fait par des chemins détournés. Comme il sait, il n’a pas besoin de mettre en place de stratégie et ne planifie pas.

Il éprouve des difficultés à l’école car il a du mal à écrire. Il a souvent des problèmes de comportement et supporte peu l’autorité.

Un test de QI pour identifier la dyspraxie chez l’enfant précoce

La dyspraxie de l'enfant précoce est identifiée par un test de QI qui montre une différence significative entre l’indice de compréhension verbale et l’indice de raisonnement perceptif.

Comment accompagner un enfant précoce dyspraxique ?

La prise en charge d’un enfant précoce dyspraxique nécessite une rééducation qui fait intervenir plusieurs professionnels : orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien et psychologue ; le tout en coordination avec les parents et l’école.

Comme l'indiquent des experts de l'Inserm, « il n’existe pas d’intervention type dont l’efficacité serait unanimement reconnue ». Ainsi, la prise en charge doit être adaptée au profil de l’enfant et ils recommandent de « prescrire des séances de groupe pour les enfants les moins touchés et des séances individuelles pour les autres ». Les interventions centrées sur l’apprentissage nécessaire à la scolarité et à la vie quotidienne doivent être privilégiées.

Source :expertise de l’Inserm, 9 décembre 2019.

À l’école, l’enfant peut bénéficier d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS) pour lui venir en aide, ainsi que de plus de temps que les autres pour la pratique scolaire.

À noter : plus le diagnostic est précoce et la rééducation commencée tôt, plus le pronostic est favorable.

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