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Maladies du bébé : fièvre, infections, troubles digestifs et MIN

Un enfant en France contracte en moyenne 6 à 10 infections respiratoires aiguës par an entre 6 mois et 6 ans, pic au moment de l’entrée en collectivité (crèche, école) selon Santé publique France. Cette fréquence élevée n’est pas un signe de fragilité mais le processus normal de maturation immunitaire : chaque infection enrichit le répertoire de défenses. La plupart des maladies du nourrisson sont bénignes et virales, sans antibiotiques nécessaires. Cette page rassemble les repères pour reconnaître ce qui est habituel, ce qui justifie une consultation, et ce qui constitue une urgence vitale. Les vaccinations obligatoires depuis 2018 (11 vaccins contre 3 auparavant) ont fait disparaître ou raréfier plusieurs maladies historiquement graves : la couverture vaccinale dépasse aujourd’hui 90 % en France pour la rougeole-oreillons-rubéole selon Santé publique France.

Mis à jour le 22/05/2026

Temps de lecture estimé à 14 min

Rédigé par des auteurs spécialisés PagesJaunes

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Le stock de produits pour bébé : guide pour les parents

Sommaire.

  1. Fièvre du bébé
  2. Troubles et maladies du bébé
  3. Mort subite du bébé

Fièvre du bébé

La fièvre désigne une température corporelle supérieure à 38 °C mesurée par voie rectale (méthode de référence chez le nourrisson). En dessous, on parle de fébricule. La fièvre n’est pas une maladie mais un mécanisme de défense de l’organisme contre une infection : elle stimule l’immunité et freine la multiplication des agents infectieux. Faire baisser la fièvre à tout prix n’a donc pas d’intérêt en soi : l’objectif est le confort de l’enfant, pas un chiffre sur le thermomètre.

Trois méthodes de mesure cohabitent. La voie rectale (référence pédiatrique, précision optimale) reste recommandée par la HAS chez le nourrisson, malgré la perception d’inconfort. La voie tympanique (thermomètre infrarouge dans l’oreille) est rapide et fiable après 3 mois si bien positionnée. La voie frontale (thermomètre sans contact) est pratique pour un dépistage rapide mais moins précise, à confirmer en rectal en cas de doute. Les thermomètres au mercure sont interdits à la vente en France depuis 1999 (toxicité environnementale et risque de bris). Aucune méthode buccale ou axillaire fiable chez le nourrisson.

Conduite à tenir : déshabiller l’enfant, le maintenir au frais (pièce à 18-20 °C), proposer à boire fréquemment, donner du paracétamol en première intention à la dose précise selon le poids (15 mg/kg toutes les 6 heures maximum). L’ibuprofène est utilisé en deuxième ligne après 3 mois et JAMAIS en cas de varicelle (risque de fasciite nécrosante documenté). L’aspirine est formellement contre-indiquée avant 16 ans (syndrome de Reye, atteinte hépato-cérébrale rare mais grave). Consulter sans délai si : fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois, fièvre supérieure à 40 °C, fièvre persistant plus de 48-72 heures, signes associés (refus de boire, somnolence anormale, pleurs inconsolables, éruption purpurique qui ne s’efface pas à la pression, raideur de nuque).

  • Fièvre chez l’enfant
  • Comment prendre la température d’un bébé ?
  • Choix du thermomètre pour bébé

Troubles et maladies du bébé

Infections virales

Les maladies infantiles éruptives ont presque toutes une origine virale et bénéficient désormais d’une couverture vaccinale large : rougeole, oreillons et rubéole sont prévenus par le ROR (2 doses obligatoires à 12 et 16-18 mois), la varicelle reste fréquente (vaccin non obligatoire en France, recommandé en rattrapage adolescent), la coqueluche fait l’objet d’une stratégie cocooning (vaccination des proches et de la mère pendant la grossesse depuis 2022, recommandation HAS) car elle reste potentiellement mortelle chez le nourrisson de moins de 3 mois.

Le mégalérythème (5e maladie, parvovirus B19) donne des joues rouges « souffletées » puis une éruption en dentelle sur les membres : bénin chez l’enfant sain mais à signaler à toute femme enceinte exposée (risque fœtal). La roséole (6e maladie, HHV-6) provoque 3 jours de fièvre élevée suivis d’une éruption diffuse au moment de la défervescence : pas de traitement spécifique. La scarlatine (streptocoque A) associe angine, fièvre élevée et éruption granulée du tronc : traitement antibiotique obligatoire par amoxicilline 10 jours pour éviter les complications rénales et cardiaques. À ne pas confondre avec une angine simple : la scarlatine présente toujours une langue dépapillée framboisée caractéristique. Le croup (laryngite striduleuse) provoque une toux aboyante et une voix éteinte la nuit chez l’enfant de 6 mois à 3 ans : corticothérapie orale en urgence si gêne respiratoire marquée.

  • Maladies infantiles
  • Oreillons
  • Rubéole
  • Roséole
  • Varicelle
  • Traitement de la scarlatine chez l’enfant
  • Ne pas confondre angine et scarlatine
  • Coqueluche chez le bébé
  • Traiter la coqueluche
  • Mégalérythème
  • Croup

Maladies ORL

Les infections respiratoires hautes et basses dominent largement la pathologie du nourrisson. La bronchiolite (virus respiratoire syncytial VRS majoritairement) touche environ 30 % des nourrissons de moins de 2 ans chaque hiver en France selon Santé publique France, soit 480 000 cas par an, avec un pic de novembre à janvier. Signes : toux, respiration sifflante, tirage intercostal, gêne alimentaire. Prise en charge ambulatoire dans 95 % des cas (désobstruction rhinopharyngée par sérum physiologique, fractionnement des biberons, surveillance), hospitalisation pour les formes sévères. L’arrivée du nirsévimab (anticorps monoclonal) en 2023 puis du vaccin maternel anti-VRS en 2024 commence à modifier l’épidémiologie. Le rhume du nourrisson est extrêmement fréquent (6-10 épisodes par an avant 3 ans) : pas d’antibiotique, lavage nasal au sérum physiologique, paracétamol si fièvre. La toux est un symptôme, pas une maladie : ne JAMAIS donner d’antitussif aux moins de 2 ans (ANSM 2010), risque grave d’arrêt respiratoire.

L’asthme du nourrisson (3 épisodes de sifflements obstructifs documentés avant 3 ans) concerne 30 % des enfants ayant fait une bronchiolite sévère : suivi pneumologue pédiatre, traitement de fond par corticoïdes inhalés si récidives. La trachéo-bronchite est une inflammation virale des grosses bronches, le plus souvent bénigne. L’apnée du nourrisson (arrêt respiratoire de plus de 20 secondes ou avec cyanose) est rare mais grave : avis pédiatrique en urgence, peut révéler une pathologie sous-jacente (reflux sévère, infection, immaturité).

  • Bronchiolite du nourrisson
  • Rhume chez le nourrisson
  • Toux du nourrisson
  • Asthme du nourrisson
  • Trachéo-bronchite
  • Apnée du nourrisson

Troubles digestifs et urinaires de bébé

Les coliques du nourrisson (pleurs intenses inexpliqués durant plus de 3 heures par jour, 3 jours par semaine, plus de 3 semaines selon les critères de Wessel) touchent 15 à 25 % des bébés entre 2 semaines et 4 mois et s’estompent spontanément vers 4-6 mois. Causes mal élucidées (immaturité digestive, déséquilibre du microbiote, sensibilité aux protéines de lait, tension parentale). Soulagement : portage en position verticale, contact peau à peau, mouvements doux, bain tiède, élimination de l’idée fausse que c’est de la « douleur » au sens classique. La régurgitation simple (reflux physiologique) concerne 50 % des nourrissons à 3 mois et s’estompe avec la verticalisation et l’introduction des solides : à distinguer du reflux gastro-œsophagien pathologique qui s’accompagne de pleurs, de mauvaise prise de poids ou de troubles respiratoires.

La diarrhée aiguë du nourrisson (gastroentérite virale le plus souvent, rotavirus en tête avant la vaccination étendue) cause une perte hydroélectrolytique rapide : un nourrisson peut se déshydrater en 6 à 12 heures. La réhydratation orale par solution SRO (préparation prête à reconstituer disponible en pharmacie) est l’élément central de la prise en charge, à proposer en petites quantités fréquentes (5-10 mL toutes les 5-10 minutes). Hospitalisation si déshydratation marquée (perte de poids > 5 %, yeux creux, fontanelle déprimée, somnolence). La constipation du bébé (moins de 3 selles par semaine avec selles dures et douloureuses) est fréquente lors de l’introduction des solides : laxatif osmotique en sirop sur prescription, fibres alimentaires (pruneaux, abricots, eau légèrement minéralisée). L’infection urinaire (cystite ou pyélonéphrite) doit être évoquée devant toute fièvre isolée chez le nourrisson de moins de 2 ans : ECBU systématique, antibiothérapie urgente, recherche de malformation urinaire associée. L’énurésie nocturne primaire (mictions involontaires la nuit) après 5 ans concerne 10 % des enfants à 7 ans, plus fréquente chez les garçons.

Le hoquet du bébé est extrêmement fréquent et bénin (contractions du diaphragme immature), sans conséquence. Le syndrome de Reye (atteinte hépato-cérébrale aiguë liée à l’aspirine dans un contexte viral) est devenu exceptionnel depuis la contre-indication formelle de l’aspirine chez l’enfant. La sténose hypertrophique du pylore (vomissements en jet entre 3 et 6 semaines de vie chez un garçon majoritairement, prise de poids stagnante) nécessite une chirurgie en urgence (pyloromyotomie de Ramstedt). L’encoprésie (émission involontaire de selles après l’acquisition de la propreté, après 4 ans) est souvent liée à une constipation chronique ignorée : prise en charge médicale et parfois psychologique.

  • Colique du nourrisson
  • Soulager les coliques du nourrisson
  • Régurgitation du bébé
  • Diarrhée chez les bébés
  • Le SRO : contre la déshydratation des nourrissons
  • Constipation du bébé et de l’enfant
  • Infection urinaire chez le bébé
  • Pyélonéphrite chez le bébé
  • L’énurésie : l’incontinence de l’enfant
  • Hoquet du bébé
  • Syndrome de Reye
  • Sténose du pylore
  • Encoprésie

Maladies de peau

La peau du nourrisson, encore immature, réagit fortement aux frottements, à l’humidité et aux irritants. L’érythème fessier (rougeur, picotements, parfois suintement) touche la majorité des bébés à un moment ou un autre : changements fréquents, séchage soigneux, exposition à l’air libre quand possible, application d’oxyde de zinc ou de pâte à l’eau. Le liniment oléocalcaire (mélange à parts égales d’huile d’olive et d’eau de chaux, parfois préparé en pharmacie) reste un classique pour le nettoyage des changes, avec effet apaisant. L’allergie aux couches est plus rare qu’on ne le dit : la plupart des irritations attribuées à la couche sont en fait des macérations urinaires.

Les croûtes de lait (dermatite séborrhéique du cuir chevelu) apparaissent entre 1 et 3 mois sous forme de plaques jaunâtres : massage à l’huile végétale, attente quelques heures, brossage doux puis shampoing. L’acné du nourrisson (vers 2-3 semaines, hormonale, résolution spontanée en 2-3 mois) ne nécessite aucun traitement. La mycose chez le bébé (muguet buccal candidosique ou candidose des plis) répond aux antifongiques locaux sur prescription. L’urticaire aiguë (plaques rouges qui démangent et se déplacent) est le plus souvent virale chez le nourrisson, plus rarement allergique : antihistaminique de 2e génération adapté à l’âge si gêne marquée. Les taches de naissance (taches mongoloïdes, angiomes plans, hémangiomes immatures) sont le plus souvent bénignes : surveillance simple, avis dermatologique si évolution rapide ou localisation à risque fonctionnel (paupière, lèvre, voies aériennes).

  • Soigner l’érythème fessier du nourrisson
  • Allergie aux couches
  • Liniment oléocalcaire : ses bienfaits pour la peau de bébé
  • Protéger la peau de son bébé
  • Croûtes de lait
  • Acné du nourrisson
  • Mycose chez le bébé
  • Urticaire chez le bébé
  • Tache de naissance

Affections dentaires

Les premières dents apparaissent en moyenne vers 6-8 mois, les 20 dents de lait sont en place à 2,5-3 ans. La poussée dentaire peut s’accompagner d’inconfort modéré : salivation, joues rouges, fessier irrité, sommeil agité. Une fièvre supérieure à 38,5 °C ne doit jamais être attribuée d’emblée aux dents (recommandation de la Société française de pédiatrie). Les caries de la petite enfance (caries précoces) sont en augmentation et concernent jusqu’à 5-10 % des enfants de 3-4 ans en France selon l’UFSBD : le syndrome du biberon (biberon de lait, jus de fruit ou tisane sucrée donné le soir et la nuit, gardé en bouche pendant le sommeil) en est la cause principale. Premier rendez-vous dentaire entre 1 et 2 ans (programme M’T dents pris en charge par l’Assurance maladie tous les 3 ans dès 3 ans), brossage 2 fois par jour dès la première dent. La pédodontie est la branche de la dentisterie spécialisée chez l’enfant. La chute des dents de lait commence vers 6 ans et s’étale jusqu’à 12-13 ans : geste pour enlever une dent de lait branlante reste indolore si la racine est résorbée (l’enfant peut la « pousser » avec la langue, ne pas tirer brusquement).

  • Dentition de l’enfant
  • Première dent
  • Poussée dentaire
  • Soulager les poussées dentaires chez les bébés
  • Carie chez l’enfant
  • Syndrome du biberon
  • Pédodontie
  • Chute des dents de lait
  • Enlever une dent de lait sans douleur

Vue et audition du bébé

La vision du nouveau-né est floue (acuité estimée à 1/20 environ), centrée sur 20-30 cm (la distance entre le visage du bébé et celui de sa mère pendant la tétée, distance non aléatoire). La vision binoculaire se met en place vers 3-4 mois, l’acuité atteint 10/10 vers 5-6 ans. Les examens systématiques recherchent strabisme et amblyopie (œil paresseux) : tout strabisme persistant après 4 mois justifie une consultation ophtalmologique. La conjonctivite chez l’enfant est très fréquente : virale dans la majorité des cas, bactérienne (sécrétions purulentes abondantes), allergique (saisonnière, bilatérale, démangeaisons). Lavage à l’eau bouillie tiède ou au sérum physiologique en première intention, collyre antibiotique seulement sur signes bactériens marqués.

Le dépistage auditif néonatal est systématique en France depuis 2014 (otoémissions acoustiques ou PEAA en maternité). Tout retard d’acquisition du langage, toute absence de réaction aux bruits forts, tout enfant qui parle « fort » ou demande à monter le son justifie une consultation ORL : la surdité de l’enfant détectée tardivement compromet durablement le développement du langage et des apprentissages.

  • Vue du nourrisson
  • Conjonctivite chez l’enfant
  • Dépistage auditif bébé
  • Bébé sourd

Troubles neurologiques

Plusieurs entités neurologiques sont identifiées et prises en charge progressivement chez l’enfant. La macrocéphalie (périmètre crânien supérieur au 97e percentile pour l’âge) peut être familiale et bénigne ou révéler une pathologie (hydrocéphalie, mégalencéphalie) : surveillance évolutive, imagerie si croissance accélérée. Les crises d’épilepsie touchent environ 0,5 à 1 % des enfants : EEG, IRM cérébrale, traitement antiépileptique adapté au syndrome diagnostiqué. Les troubles du neurodéveloppement (TND) regroupent l’autisme (TSA, environ 1 % des naissances en France), le TDAH (5 à 7 % des enfants d’âge scolaire), la dyspraxie (trouble de la coordination motrice, 5 à 6 %), le bégaiement (1 % des enfants, plus fréquent chez les garçons). Repérage précoce déterminant : indicateurs M-CHAT à 18 mois pour l’autisme, plateformes de coordination TND depuis 2019 pour les bilans en moins de 6 mois, prise en charge multidisciplinaire (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue, neuropédiatre selon le profil).

  • Macrocéphalie
  • Crise d’épilepsie chez l’enfant
  • Enfant autiste
  • Enfant hyperactif
  • Dyspraxie et précocité
  • Bégaiement de l’enfant

Maladies cardio-vasculaires

Le souffle au cœur chez l’enfant est extrêmement fréquent (jusqu’à 50-60 % des enfants présentent un souffle entendu lors d’un examen) : la grande majorité sont des souffles fonctionnels bénins (cœur normal, souffle dû à des turbulences sur un cœur de petit volume), sans conséquence. Une échographie cardiaque tranche en cas de doute. L’insuffisance cardiaque du nourrisson est rare mais grave : difficultés à téter ou à boire le biberon, sueurs au repas, prise de poids stagnante, polypnée, hépatomégalie. Avis cardiopédiatrique rapide pour identifier la cardiopathie sous-jacente (souvent congénitale, dépistée de mieux en mieux en anténatal).

  • Souffle au cœur chez l’enfant
  • Insuffisance cardiaque du nourrisson

Maladies articulaires

La dysplasie de la hanche est dépistée systématiquement à la naissance (manœuvres d’Ortolani et de Barlow) puis à chaque examen jusqu’à 4 mois, complétée par une échographie de hanche entre 4 et 6 semaines chez les enfants à risque (présentation par siège, antécédents familiaux, hypotonie). Détectée à temps, elle se traite par simple harnais ou attelle d’abduction ; détectée tardivement, elle peut nécessiter une chirurgie. Le torticolis congénital (rétraction du muscle sterno-cléido-mastoïdien d’un côté) cause une inclinaison de la tête : kinésithérapie précoce et installation alternée pendant les éveils. La scoliose chez le bébé est rare (forme idiopathique infantile précoce avant 3 ans) et nécessite un suivi orthopédique spécialisé. Le syndrome de Silverman désigne la maltraitance physique avec lésions osseuses (fractures multiples d’âges différents) : signal d’alarme qui justifie un signalement immédiat aux autorités compétentes.

  • Dysplasie de la hanche
  • Torticolis chez le bébé
  • Attention aux douleurs du cou chez l’enfant
  • Scoliose chez le bébé
  • Syndrome de Silverman

Autres

Le calendrier vaccinal français comprend depuis 2018 onze vaccinations obligatoires avant 2 ans : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B, pneumocoque, méningocoques C et B (B ajouté en 2025), rougeole, oreillons, rubéole. La vaccination antirotavirus est recommandée depuis 2022. La jaunisse du nouveau-né (ictère) concerne plus de 60 % des nouveau-nés et reflète le plus souvent la maturation hépatique normale : photothérapie en maternité si bilirubine élevée, surveillance simple sinon. Les convulsions fébriles (crise convulsive lors d’une fièvre élevée, le plus souvent virale, entre 6 mois et 5 ans) touchent 2-5 % des enfants : pas d’épilepsie sous-jacente, geste d’urgence (mise en PLS, ne rien mettre dans la bouche, chronométrage, paracétamol après la crise, avis médical). Le syndrome pieds-mains-bouche (coxsackie A) provoque des aphtes buccaux et une éruption palmo-plantaire : bénin mais douloureux, traitement symptomatique.

L’hypotonie du nourrisson (tonus musculaire diminué) justifie un avis neuropédiatrique pour éliminer une pathologie neuromusculaire. La tête plate posturale (plagiocéphalie) est devenue très fréquente depuis le couchage systématique sur le dos (recommandation anti-MIN) : prévention par changements de position pendant les éveils, tummy time quotidien dès la naissance, alternance des côtés pour le couchage, casque de remodelage dans les formes sévères. Le spasme du sanglot (perte de conscience brève en apnée lors d’un pleur intense ou d’une émotion forte, entre 6 mois et 5 ans) est impressionnant mais bénin et disparaît spontanément. La leucémie aiguë lymphoblastique est le cancer le plus fréquent de l’enfant (environ 500 nouveaux cas par an en France) : guérison dans 85-90 % des cas grâce aux protocoles actuels. Le diabète de type 1 chez l’enfant a un mode de révélation classique (polyurie, polydipsie, amaigrissement) : ne pas le manquer, hospitalisation pour mise en route de l’insulinothérapie.

Deux situations spécifiques aux pleurs méritent une attention particulière. Le bébé qui pleure le soir (pleurs de décharge en fin de journée, pic vers 6-8 semaines, résolution vers 3-4 mois) est physiologique et ne témoigne ni de douleur ni de faute parentale. Le syndrome du bébé secoué (traumatisme crânien non accidentel par secousses) cause environ 200 décès et plusieurs centaines de handicaps lourds par an en France selon Santé publique France, le plus souvent au pic des pleurs vers 6-8 semaines, lié à un épuisement parental aigu. Si les pleurs deviennent insupportables : poser le bébé dans son lit en sécurité, sortir de la pièce, respirer, demander de l’aide. La campagne nationale « Pose ton bébé, ne le secoue jamais » rappelle qu’aucun pleur n’a jamais tué un bébé, mais qu’une secousse peut le tuer ou le handicaper à vie.

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Mort subite du bébé

La mort inattendue du nourrisson (MIN, anciennement mort subite du nourrisson) désigne le décès brutal et inattendu d’un nourrisson de moins de 1 an, le plus souvent pendant le sommeil. Environ 250 à 350 décès par an en France selon Santé publique France, soit une fréquence d’environ 0,3 pour 1 000 naissances vivantes. Pic d’incidence entre 2 et 4 mois, 90 % des cas avant 6 mois. Les campagnes de prévention depuis les années 1990 ont divisé par 4 l’incidence en France grâce à des règles simples mais essentielles, à respecter strictement.

Règles de couchage sûr résumées par Santé publique France et l’AAP 2022 : couchage sur le DOS toujours (réduit le risque de 60 % par rapport au couchage sur le ventre), seul dans son propre lit (pas de partage de matelas avec les parents), dans un lit conforme aux normes NF EN 1130 ou NF EN 716, matelas ferme à la taille exacte du lit, turbulette ou gigoteuse à la bonne taille (pas de couverture, drap, oreiller, couette, tour de lit, peluche au-delà du poing du bébé avant 12 mois), chambre à 18-20 °C, pas de tabagisme dans la pièce ou par les personnes en contact (double le risque MIN), allaitement maternel quand il est possible (effet protecteur démontré), vaccinations à jour. Le partage de chambre avec les parents les 6 premiers mois (sans partage de matelas) est associé à une réduction supplémentaire du risque.

  • Mort subite du nourrisson

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