En bref
- La maladie pieds-mains-bouche provoque des vésicules douloureuses dans la bouche et sur les extrémités des enfants.
- La transmission se fait par contact direct avec les sécrétions ou indirect via les objets contaminés.
- La guérison survient spontanément en 7 à 10 jours sans traitement antiviral spécifique.
- La déshydratation constitue la complication principale chez les nourrissons qui refusent de boire à cause des lésions buccales.
Quels sont les virus responsables de cette maladie ?
Les entérovirus de la famille des Coxsackie provoquent le syndrome pieds-mains-bouche. Le virus Coxsackie A16 représente l’agent infectieux le plus fréquent. D’autres entérovirus comme le Coxsackie A6, A10 ou l’entérovirus 71 peuvent aussi causer cette maladie des pieds et des mains. Le virus pénètre par la bouche, se multiplie dans le tube digestif puis se propage dans le sang et les ganglions lymphatiques. Les selles contiennent le virus pendant environ 4 semaines après le début des symptômes, parfois jusqu’à 4 mois.
Le virus Coxsackie A6 entraîne des formes plus sévères avec une fièvre élevée et des lésions bulleuses étendues sur le dos des mains et des pieds, le tronc et les membres. L’entérovirus 71 possède un caractère neurotoxique et a causé des épidémies graves en Asie avec des complications neurologiques, cardiovasculaires et respiratoires parfois mortelles. La circulation virale a repris après la période de restrictions liées à la pandémie de Covid-19.
Comment se transmet le syndrome des pieds et des mains ?
La transmission du syndrome pieds-mains-bouche se produit par contact direct avec une personne infectée. Les sécrétions du nez et de la gorge, les gouttelettes de salive et le liquide des vésicules contiennent le virus. Le contact indirect via les objets contaminés par les selles représente aussi un mode de contagion fréquent. Les jouets, les surfaces et le linge souillé peuvent transmettre l’infection lorsque les mains portées au visage véhiculent le virus.
La contagiosité débute 2 jours avant l’apparition de l’éruption cutanée sur les mains et les pieds. Elle atteint son maximum durant la première semaine de la maladie, surtout si l’enfant tousse ou présente un écoulement nasal. La transmission reste possible plusieurs semaines car le virus persiste dans les selles. Les lieux de collectivité comme les garderies et les écoles favorisent la propagation de cette maladie chez les jeunes enfants. Une bonne hygiène en collectivité limite les risques de contamination.
Quels symptômes doivent alerter les parents ?
La maladie des pieds, des mains et de la bouche débute par une phase initiale de 1 à 2 jours avec une fièvre entre 38 et 39°C. L’enfant perd l’appétit, présente une hypersalivation, des maux de tête et des maux de gorge. Un écoulement nasal, des douleurs abdominales ou une diarrhée peuvent accompagner ces premiers signes.
Les lésions dans la bouche apparaissent ensuite sous forme de rougeurs sur la langue, les gencives et les joues. Ces points rouges évoluent en vésicules qui éclatent pour former des ulcérations superficielles semblables à des aphtes de moins de 5 millimètres. Ces lésions de la bouche provoquent des douleurs importantes qui gênent l’alimentation et l’hydratation. Une dizaine d’ulcères se développent généralement dans la bouche de l’enfant.
L’éruption cutanée sur les mains et les pieds se manifeste par des papules rouges sur les doigts autour des ongles, le dos et les paumes des mains ainsi que les plantes des pieds. Des vésicules se forment sur ces papules. Les fesses peuvent aussi présenter des lésions. Le nombre de vésicules varie selon les enfants, généralement moins de 100, mais parfois plus étendu sur les bras, les jambes, le ventre et le dos. Ces vésicules des mains et des pieds ne provoquent ni douleur ni démangeaison sauf dans de rares cas sévères.
Comment pose-t-on le diagnostic du syndrome pieds-mains-bouche ?
Le diagnostic de la maladie pieds-mains-bouche repose sur l’examen clinique. L’observation des ulcérations dans la bouche et de l’éruption caractéristique sur les mains et les pieds suffit généralement. La localisation typique des lésions permet de distinguer cette infection d’autres maladies infantiles comme la varicelle qui provoque une éruption généralisée sur tout le corps.
La recherche du virus s’effectue rarement, sauf dans un cadre de surveillance épidémiologique ou de recherche scientifique. Un prélèvement par PCR peut identifier le type d’entérovirus en cause à partir du liquide des vésicules, des sécrétions des voies respiratoires ou des selles. Les maladies infantiles courantes nécessitent une consultation médicale pour confirmer le diagnostic et écarter d’autres pathologies.
Quel traitement pour soulager l’enfant malade ?
Aucun traitement antiviral spécifique n’existe contre le syndrome des pieds et des mains. La guérison survient spontanément en 7 à 10 jours. Le traitement vise à soulager les symptômes et prévenir les complications. Le paracétamol ou l’ibuprofène réduisent la fièvre et la douleur. L’aspirine reste contre-indiquée chez les enfants.
La prévention de la déshydratation constitue la priorité car les lésions douloureuses de la bouche empêchent l’enfant de boire et de manger. Il faut proposer une alimentation froide et éviter les aliments acides, salés ou durs. Les purées, les soupes tièdes et les boissons fraîches apaisent les douleurs de la gorge et de la bouche. Les glaces peuvent aussi soulager les ulcérations buccales. Des solutions de réhydratation orale s’imposent si l’enfant refuse de boire ou de manger.
Les soins de la peau comprennent des douches tièdes et des lavages avec des produits dermatologiques doux. Des antiseptiques locaux préviennent la surinfection des vésicules sur les mains et les pieds. Il faut éviter que l’enfant ne gratte les lésions. Des bains de bouche adaptés ou des gels pour aphtes soulagent les douleurs buccales. Une brosse à dents souple maintient l’hygiène de la bouche sans aggraver les lésions.
Quelles complications peuvent survenir ?
La déshydratation représente la complication principale du syndrome pieds-mains-bouche. Les douleurs dans la bouche empêchent les nourrissons et les jeunes enfants de s’alimenter correctement. Les signes de déshydratation incluent la fatigue, les gémissements, un sommeil excessif, la pâleur, les yeux cernés, une respiration rapide et une perte de poids. Une consultation médicale urgente s’impose si ces symptômes apparaissent.
L’onychomadèse, ou chute des ongles, survient quelques semaines après la maladie chez certains enfants. Cette complication bénigne et non douloureuse se résout spontanément avec la repousse normale des ongles. La surinfection bactérienne des lésions cutanées et des ulcérations de la bouche peut provoquer des rougeurs, un suintement et des douleurs accrues.
Les complications neurologiques et pulmonaires restent rares mais graves, surtout avec l’entérovirus 71. Des méningites, des encéphalites et des pneumopathies peuvent se développer. Ces formes sévères nécessitent une hospitalisation. Les parents doivent consulter rapidement si la fièvre dépasse 40°C pendant plus de 24 heures, si les symptômes s’aggravent ou si de nouveaux signes cliniques apparaissent.
Comment protéger son enfant et limiter la contagion ?
Le lavage régulier des mains constitue la mesure de prévention fondamentale contre la maladie des pieds, des mains et de la bouche. Les parents doivent se laver les mains après avoir changé les couches, avant de préparer les repas et après tout contact avec un enfant malade. Les enfants doivent aussi se laver les mains après être allés aux toilettes et avant de manger.
Le nettoyage et la désinfection des surfaces, des jouets et des objets que l’enfant touche limitent la transmission indirecte du virus. Le port de gants jetables lors du changement des couches protège contre le contact avec les selles contaminées. Il ne faut pas partager les biberons, les tasses, les assiettes et les couverts entre les enfants. Le linge de lit et les vêtements doivent être lavés régulièrement.
L’éviction scolaire n’est pas obligatoire pour un enfant atteint du syndrome pieds-mains-bouche. L’enfant peut rester en collectivité si son état général le permet. Les mesures d’hygiène renforcées dans les structures d’accueil limitent la propagation de l’infection. Aucun vaccin n’est recommandé en Europe actuellement. Trois vaccins contre l’entérovirus 71 sont disponibles en Chine depuis 2016 avec une efficacité supérieure à 90 pour cent après deux doses.
Quelle surveillance pour les femmes enceintes ?
Les femmes enceintes présentent généralement une immunité contre les entérovirus responsables du syndrome des pieds et des mains. La majorité des adultes ont déjà été exposés au virus Coxsackie durant l’enfance. Une femme enceinte non immunisée peut contracter l’infection avec un risque rare de transmission au fœtus. Une fausse couche au premier trimestre reste possible dans ces situations exceptionnelles.
Les mesures de prévention s’appliquent particulièrement aux femmes enceintes en contact avec des jeunes enfants. Le lavage des mains, l’éviction des contacts rapprochés avec les personnes infectées et le respect des règles d’hygiène protègent contre la contamination. Une consultation médicale s’impose si une femme enceinte développe des symptômes évocateurs de cette maladie.
Les adultes peuvent-ils attraper cette infection ?
Les adultes peuvent contracter le syndrome pieds-mains-bouche mais les symptômes restent souvent légers ou absents. Le système immunitaire mature des adultes contrôle mieux l’infection virale. Les personnes immunodéprimées présentent un risque accru de développer des formes symptomatiques. Les adultes infectés transmettent le virus aux enfants via la salive, le mucus nasal et les selles même sans présenter de signes visibles.
L’infection chez l’adulte évolue en deux phases comme chez l’enfant. Une phase pseudo-grippale avec de la fièvre, des maux de gorge et un écoulement nasal précède l’apparition des vésicules sur les mains et les pieds. Les lésions dans la bouche peuvent gêner l’alimentation. Le traitement symptomatique et les mesures d’hygiène s’appliquent de la même manière que pour les enfants.
FAQ
Faut-il isoler un enfant atteint du syndrome pieds-mains-bouche ?
L’isolement strict n’est pas nécessaire mais il faut renforcer les mesures d’hygiène. L’enfant peut fréquenter la collectivité si son état général le permet. Le lavage des mains et la désinfection des objets limitent la transmission aux autres enfants.
Peut-on attraper plusieurs fois cette maladie ?
L’immunité acquise après une infection protège uniquement contre le type de virus contracté. D’autres entérovirus peuvent provoquer une nouvelle infection car il existe plus de 90 virus différents dans cette famille. Un enfant peut donc développer le syndrome des pieds et des mains plusieurs fois au cours de sa vie.
Quand faut-il consulter un médecin en urgence ?
Une consultation urgente s’impose si l’enfant refuse de boire pendant plusieurs heures, présente des signes de déshydratation, développe une fièvre supérieure à 40°C pendant plus de 24 heures ou montre des symptômes neurologiques comme une somnolence excessive ou des convulsions.