En bref
- Onze vaccinations obligatoires protègent les nourrissons contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque.
- Le calendrier de vaccination prévoit plusieurs injections entre 2 mois et 18 mois, avec des rappels réguliers jusqu’à l’âge adulte.
- Des vaccins recommandés complètent la protection selon les situations particulières, notamment contre la grippe saisonnière, le papillomavirus humain ou le rotavirus.
- La vaccination reste gratuite et accessible, administrée par les médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens.
Les vaccins obligatoires pour la santé de l’enfant
Les vaccinations obligatoires concernent tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Elles couvrent onze maladies infectieuses dont certaines peuvent entraîner des complications sévères ou mortelles. La diphtérie, le tétanos et la poliomyélite formaient déjà le socle obligatoire avant cette date. La coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole ont rejoint cette liste.
Le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite protège contre trois infections graves. La diphtérie provoque des atteintes respiratoires et cardiaques potentiellement fatales. Le tétanos, contracté par des plaies souillées, entraîne des contractures musculaires douloureuses et peut conduire au décès. La poliomyélite, maladie virale, cause des paralysies irréversibles. Ces trois pathologies justifient une vaccination systématique dès le plus jeune âge.
La coqueluche et l’haemophilus influenzae de type b représentent des menaces particulières pour les nourrissons. La coqueluche provoque des quintes de toux prolongées qui peuvent entraîner des détresses respiratoires chez les bébés. L’haemophilus influenzae de type b cause des méningites et des pneumonies sévères. La vaccination contre ces infections à haemophilus influenzae réduit significativement les hospitalisations et les décès.
L’hépatite B, infection virale du foie, se transmet par le sang et les liquides biologiques. Vacciner un enfant dès les premiers mois prévient les formes chroniques qui peuvent évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie. La rougeole, les oreillons et la rubéole sont regroupés dans un vaccin combiné appelé ROR. Ces maladies virales peuvent provoquer des complications neurologiques, une surdité ou des malformations fœtales en cas de contamination pendant la grossesse.
Les infections à pneumocoque et à méningocoque touchent particulièrement les jeunes enfants. Le pneumocoque provoque des pneumonies, des otites et des méningites. Les méningocoques ACWY, désormais obligatoires depuis 2025, causent des méningites et des septicémies foudroyantes. Le méningocoque B fait également partie des vaccins obligatoires depuis janvier 2025, avec un schéma vaccinal spécifique.
Le calendrier vaccinal de l’enfant
Le calendrier de vaccination définit les âges précis pour chaque injection. À 2 mois, le nourrisson reçoit une première dose contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B et le pneumocoque. Ces vaccins sont souvent combinés dans une seule seringue pour limiter le nombre de piqûres. Une dose contre le rotavirus peut être administrée par voie orale lors de cette consultation.
À 4 mois, les mêmes vaccins sont renouvelés pour renforcer la réponse immunitaire. L’enfant recevra une dose de rappel à 11 mois pour consolider la protection. À 5 mois, la première injection contre le méningocoque B est programmée, suivie d’une seconde dose à 12 mois. Pour les méningocoques ACWY, une dose est prévue à 6 mois avec un rappel à 12 mois.
La vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole débute à 12 mois. Une seconde dose de rappel est administrée entre 16 et 18 mois pour garantir une immunité durable. Le respect de ce calendrier des vaccinations permet de protéger les enfants avant qu’ils ne soient exposés aux agents infectieux, notamment lors de l’entrée en collectivité.
Des rappels sont nécessaires tout au long de la vie pour maintenir la protection. À 6 ans, un rappel contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche est prévu. Entre 11 et 13 ans, les mêmes vaccins sont renouvelés. À 25 ans, 45 ans, 65 ans puis tous les 10 ans, des rappels contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont recommandés. La vaccination contre la coqueluche est également rappelée à 25 ans.
Les vaccins recommandés pour les enfants
Au-delà des vaccinations obligatoires, plusieurs vaccins recommandés renforcent la protection des enfants selon leur situation. Le vaccin contre le papillomavirus humain est proposé aux filles et aux garçons entre 11 et 14 ans. Il prévient les infections à HPV responsables de cancers du col de l’utérus, de la gorge et de l’anus. Les jeunes de 15 à 26 ans peuvent bénéficier d’un rattrapage avec un schéma à trois doses.
La vaccination contre la grippe saisonnière est ouverte à tous les enfants dès 2 ans depuis 2023. Elle est particulièrement recommandée pour les enfants atteints de maladies chroniques respiratoires, cardiaques, neurologiques ou immunitaires. La grippe peut provoquer des complications graves chez les nourrissons et les enfants fragiles, justifiant une vaccination annuelle.
Le vaccin contre le rotavirus, administré par voie orale, prévient les gastro-entérites sévères chez les nourrissons. Deux ou trois prises sont nécessaires selon le vaccin utilisé, débutant à partir de 6 semaines. Cette vaccination réduit les hospitalisations liées aux diarrhées et vomissements intenses.
Pour les enfants vivant en Guyane, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire dès 12 mois. Le vaccin contre la tuberculose, appelé BCG, est recommandé dès 1 mois pour les enfants à risque élevé. Sont concernés les enfants originaires de pays à forte endémie, résidant en Guyane ou à Mayotte, ou vivant dans des conditions socio-économiques précaires.
| Âge de bébé | Vaccins bébé |
|---|---|
| 2 mois |
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| 4 mois |
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| 5 mois | Méningocoque C (vaccin conjugué MnC) et B (Bexsero, seconde injection).Pour augmenter la couverture vaccinale contre le méningocoque C, le calendrier vaccinal 2018 a prévu la vaccination des nourrissons avec une seule dose de primo-vaccination à 5 mois (vaccin MenC-TT ) suivie d’un rappel à l’âge de 12 mois. |
| 11 mois |
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| 12 mois |
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| Entre 16 et 18 mois |
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L’hépatite A est recommandée dès 12 mois pour les enfants issus de familles originaires de zones endémiques, atteints de mucoviscidose ou de maladies du foie. La vaccination contre la varicelle est proposée dès 12 mois pour les enfants en attente de greffe ou en contact avec des personnes immunodéprimées. Pour les adolescents n’ayant jamais contracté la varicelle, la vaccination est recommandée dès 12 ans.
La protection contre le virus respiratoire syncytial
Le virus respiratoire syncytial provoque la bronchiolite, infection respiratoire fréquente et potentiellement grave chez les nourrissons. Depuis 2024, une vaccination des femmes enceintes entre la 32e et la 36e semaine de grossesse est recommandée. Si la mère n’a pas été vaccinée, l’administration d’anticorps monoclonaux au bébé après la naissance est proposée.
Ces anticorps, commercialisés sous le nom de Beyfortus, offrent une protection passive contre le VRS pendant plusieurs mois. Ils sont disponibles en maternités et en pharmacies selon un calendrier qui varie selon les régions. Cette mesure vise à réduire les hospitalisations liées à la bronchiolite pendant la période épidémique hivernale.
La vaccination contre la COVID-19 chez l’enfant
La vaccination contre la COVID-19 est proposée aux enfants de 6 mois à 4 ans présentant des facteurs de risque ou en contact avec des personnes immunodéprimées. L’accord des deux parents est nécessaire, avec la présence d’un parent lors de l’injection et la signature d’un formulaire d’autorisation parentale.
Pour les adolescents de 12 à 17 ans, une autorisation parentale signée par les deux parents doit être présentée. Le consentement oral libre et éclairé de l’adolescent est également requis. La vaccination n’est pas recommandée en cas de syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique survenu après une infection à la COVID-19.
Le déroulement de la vaccination
Avant chaque injection, le professionnel de santé vérifie le carnet de santé et de vaccination, l’état de santé de l’enfant et l’absence de contre-indications. Les vaccins sont conservés entre 2 et 8 degrés Celsius et leur date de péremption est contrôlée. La plupart des seringues sont pré-remplies pour faciliter l’administration.
Les injections se font généralement dans le muscle de la cuisse chez les nourrissons ou dans le deltoïde chez les enfants plus âgés. Certains vaccins vivants atténués sont administrés par voie sous-cutanée, le BCG par voie intradermique et le rotavirus par voie orale. Après l’injection, le professionnel note la date, le vaccin et le numéro de lot dans le carnet de vaccination.
Une surveillance de quelques minutes est recommandée pour détecter d’éventuelles réactions allergiques immédiates, bien que celles-ci soient rares. Les signes à surveiller incluent des démangeaisons, de l’urticaire, une gêne respiratoire, des nausées ou des étourdissements. En cas de fièvre ou de douleur après la vaccination, du paracétamol peut être administré.
Préparer son enfant à la vaccination
Expliquer simplement ce qui va se passer aide l’enfant à mieux vivre la vaccination. Parler calmement sans dramatiser et encourager une respiration profonde au moment de l’injection réduit l’anxiété. Féliciter l’enfant après le vaccin renforce son sentiment de maîtrise.
Pour un nourrisson, le tenir dans les bras ou sur les genoux apporte du réconfort. Si l’enfant est allaité, proposer le sein pendant ou juste avant l’injection diminue la douleur. Une solution sucrée administrée au moins deux minutes avant la piqûre a également un effet analgésique. Le doudou, la musique ou d’autres distractions contribuent à apaiser le bébé.
Un patch anesthésiant local peut être appliqué une heure avant la vaccination pour réduire la sensation de douleur. En revanche, administrer du paracétamol avant l’injection n’est pas recommandé. Si l’enfant est enrhumé le jour prévu, la vaccination peut généralement être maintenue sauf en cas de forte fièvre ou de maladie infectieuse aiguë.
Les réactions possibles après la vaccination
Les réactions aux vaccins sont généralement bénignes et transitoires. Une légère fièvre, une rougeur ou un inconfort au site d’injection peuvent survenir dans les jours suivant la vaccination. Une petite bosse peut persister quelques semaines au point d’injection sans nécessiter de traitement.
Après le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, une fièvre peut apparaître entre 5 et 12 jours après l’injection. Des pleurs anormaux ou une irritabilité inhabituelle doivent conduire à consulter un professionnel de santé. Les réactions allergiques graves sont extrêmement rares et surviennent dans les minutes suivant l’administration, d’où l’importance de la surveillance immédiate.
Plusieurs vaccins lors de la même séance
Administrer plusieurs vaccins lors de la même consultation est une pratique courante et sûre. Cette approche facilite la mise à jour du calendrier vaccinal et réduit le nombre de visites médicales. Les vaccins combinés regroupent plusieurs valences dans une seule seringue, tandis que les vaccins co-administrés sont injectés lors de la même séance dans des seringues différentes.
Le vaccin hexavalent combine la protection contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B. La co-administration du vaccin contre le papillomavirus humain et l’hépatite B, ou de la grippe et la COVID-19, est également possible. Ces pratiques n’affectent ni l’efficacité des vaccins ni la sécurité pour l’enfant.
Les contre-indications à la vaccination
Les contre-indications à la vaccination sont rares. Un simple rhume, une otite ou un nez qui coule ne justifient pas de reporter la vaccination. La prise d’antibiotiques n’empêche pas non plus de vacciner un enfant. En revanche, une fièvre élevée, des pleurs anormaux ou une irritabilité marquée nécessitent un avis médical avant de procéder à l’injection.
Certaines allergies sévères à des composants du vaccin peuvent constituer une contre-indication. Le professionnel de santé évalue chaque situation individuellement pour déterminer si la vaccination peut être réalisée en toute sécurité. En cas de doute, il est préférable de consulter avant le rendez-vous prévu.
Le carnet de vaccination
Le carnet de santé et de vaccination constitue un document essentiel pour suivre les vaccinations de l’enfant. Il doit être présenté à chaque visite médicale et conservé soigneusement tout au long de la vie. Depuis 2023, un carnet de vaccination électronique est intégré dans l’espace Mon espace santé, facilitant le suivi et le partage des informations avec les professionnels de santé.
Ce carnet permet de vérifier les doses reçues, les rappels à effectuer et les éventuels rattrapages nécessaires. Il sert également de justificatif pour l’admission en crèche, à l’école ou lors de voyages dans certains pays. Conserver ce document à jour garantit une protection optimale de la santé de l’enfant.
FAQ
Peut-on vacciner un enfant enrhumé ?
Un rhume simple sans fièvre élevée ne constitue pas une contre-indication à la vaccination. Seule une maladie infectieuse aiguë avec fièvre importante peut justifier un report. En cas de doute, consulter le professionnel de santé avant le rendez-vous permet de prendre la meilleure décision.
Combien d’injections sont nécessaires pour les vaccins obligatoires ?
Le calendrier vaccinal prévoit trois injections pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B. Deux injections sont nécessaires pour la rougeole, les oreillons et la rubéole. Le pneumocoque nécessite trois doses, le méningocoque B deux doses et le méningocoque ACWY deux doses également.
Que faire en cas de retard dans le calendrier de vaccination ?
Un retard dans le calendrier des vaccinations ne nécessite pas de tout recommencer. Un rattrapage est possible en reprenant le schéma vaccinal là où il a été interrompu. Consulter un professionnel de santé permet d’établir un calendrier adapté pour régulariser la situation rapidement.
Les vaccins peuvent-ils provoquer des effets secondaires graves ?
Les effets secondaires graves liés aux vaccins sont extrêmement rares. Les réactions les plus fréquentes sont bénignes et transitoires, comme une légère fièvre ou une rougeur au point d’injection. Les réactions allergiques sévères surviennent dans moins d’un cas sur un million et sont prises en charge immédiatement grâce à la surveillance post-vaccinale.