En bref
- Le dépistage néonatal de la surdité est obligatoire en France depuis 2012 et concerne tous les nouveau-nés.
- Les causes de la surdité chez l’enfant incluent des facteurs génétiques, des infections durant la grossesse et des complications néonatales.
- Les signes de la surdité varient selon l’âge et se manifestent par une absence de réaction aux sons, un retard de langage ou des troubles du comportement.
- Un diagnostic précoce améliore nettement les capacités de communication et réduit les difficultés scolaires.
Qu’est-ce que la surdité chez le bébé et l’enfant ?
La surdité désigne une déficience auditive qui affecte la capacité à percevoir les sons. Chez le bébé et l’enfant, cette perte d’audition peut être légère, moyenne, sévère ou profonde. On distingue généralement les surdités congénitales, présentes dès la naissance, des surdités acquises qui apparaissent au cours de la vie. Une surdité légère correspond à une perte auditive de 20 à 39 décibels, tandis qu’une surdité profonde dépasse les 90 décibels.
Les troubles auditifs se répartissent en deux catégories principales. La perte auditive de transmission résulte d’un problème au niveau de l’oreille externe ou moyenne, souvent lié à une otite séreuse ou à un bouchon de cérumen. Cette forme de surdité reste généralement bénigne et se traite par médicaments ou chirurgie. La perte auditive de perception, aussi appelée neurosensorielle, provient d’une atteinte des cellules ciliées de l’oreille interne ou du nerf auditif. Cette forme de surdité est permanente et nécessite un appareillage auditif adapté.
Quelles sont les causes de la surdité chez l’enfant ?
Les causes de la surdité chez l’enfant sont multiples et variées. Les surdités congénitales héréditaires représentent une part importante des déficiences auditives présentes dès la naissance. Certains syndromes génétiques comme le syndrome de Waardenburg ou le syndrome d’Usher s’accompagnent d’une perte auditive. Les infections contractées par la mère durant la grossesse constituent également des facteurs de risque majeurs. Le cytomégalovirus, responsable de 21 % des pertes auditives à la naissance, reste la première cause infectieuse de surdité congénitale. La rubéole, la toxoplasmose, la syphilis et l’herpès peuvent aussi entraîner une déficience auditive chez le bébé.
Les complications survenant durant la période néonatale favorisent l’apparition de troubles de l’audition. Un manque d’oxygène, une jaunisse sévère nécessitant une transfusion, une prématurité ou un faible poids de naissance inférieur à 1500 grammes augmentent les risques de surdité. Les infections comme la méningite ou la septicémie peuvent également altérer les capacités auditives de l’enfant. Après la naissance, les otites à répétition touchent près de 20 % des enfants de moins de 2 ans et peuvent provoquer une perte auditive temporaire ou permanente. Les bouchons de cérumen, bien que bénins, altèrent aussi la perception des sons.
Comment se déroule le dépistage de la surdité chez le bébé ?
Le dépistage auditif du bébé s’effectue en maternité depuis avril 2012. Ce test obligatoire et gratuit vise à repérer les bébés à risque de trouble auditif pour intervenir rapidement. Le test se réalise avec le consentement des parents, qui peuvent assister à l’examen. La procédure reste indolore et ne nécessite aucune anesthésie. Le test s’effectue lorsque le bébé est calme ou endormi, afin d’obtenir des résultats fiables.
Le professionnel de santé place une petite oreillette ou une sonde dans l’oreille du bébé. L’appareil émet des sons faibles et mesure la réaction auditive, appelée réflexe d’oreille ou otoémissions acoustiques. Si le test se révèle concluant, l’audition du bébé semble normale. Un résultat non concluant ne signifie pas forcément que le bébé souffre de surdité. Un second test est alors programmé. Si ce deuxième test reste non concluant, un bilan approfondi en centre spécialisé auprès d’un médecin ORL devient nécessaire. En 2016, 94 % des nouveau-nés ont bénéficié de ce dépistage, et 1,4 % présentaient une suspicion de surdité bilatérale.
Quels sont les signes de la surdité selon l’âge du bébé ?
De la naissance à 3 mois
Durant les premiers mois de vie, un bébé sourd ne réagit pas aux bruits forts ou soudains. Il ne sursaute pas et ne change pas d’expression faciale lorsqu’un son inattendu se produit. Le sommeil du bébé reste imperturbable, même dans un environnement bruyant. La voix des parents ne parvient pas à l’apaiser lorsqu’il pleure. Ces premiers signes de la surdité chez le bébé doivent alerter les parents et les inciter à consulter un médecin.
De 3 à 6 mois
Entre 3 et 6 mois, le bébé sourd ne tourne pas la tête vers la voix ou le bruit situé hors de son champ de vision. Il ne s’intéresse pas aux jouets sonores et ne réagit pas aux bruits familiers de la maison. Le bébé ne comprend pas les consignes simples, même accompagnées de gestes. L’absence de recherche de la source sonore constitue un signe d’alerte important à cet âge.
De 6 à 10 mois
À partir de 6 mois, le langage du bébé sourd ne se diversifie pas. Le gazouillement diminue progressivement au lieu de s’enrichir. Le bébé ne dit pas de petites syllabes comme « ma », « bo » ou « da ». Il ne réagit pas ou peu à la musique et ne regarde pas la bonne personne lorsqu’on nomme papa ou maman. L’absence de vocalises et de lallation représente un signe caractéristique de la surdité à cet âge.
De 10 à 20 mois
Entre 10 et 15 mois, l’enfant sourd ne désigne pas ses jouets favoris et ne pointe pas du doigt. Il ne s’amuse pas avec la musique et ne reproduit pas de mots simples. De 15 à 20 mois, il ne comprend pas les demandes simples comme « donne-moi ta doudou ». L’enfant n’identifie pas les objets par leur nom et ne combine pas de mots. Son vocabulaire reste très limité, généralement inférieur à 200 mots. Il éprouve des difficultés à exprimer ses besoins verbalement.
Après 2 ans
À 2 ans, l’enfant sourd ne combine pas de mots et utilise peu de propositions et de pronoms. Ses phrases restent peu évoluées et il peine à exprimer ses besoins et ses intérêts verbalement. À 3 ans, son vocabulaire demeure inférieur à 1000 mots. Il rencontre des difficultés avec les phrases simples et ses constructions grammaticales restent incomplètes. Ces retards de langage constituent des signes majeurs de la surdité chez l’enfant.
Quels sont les signes de la surdité chez l’enfant de plus de 4 ans ?
Après 4 ans, les enfants sourds présentent des signes plus variés. L’enfant monte systématiquement le son de la télévision et s’exprime davantage par gestes que par la parole. Il fait répéter son interlocuteur et n’entend pas les voix aiguës. L’enfant ne répond pas lorsqu’on l’appelle d’une autre pièce et manifeste des troubles de l’articulation. Les difficultés scolaires apparaissent, notamment en dictée, en écriture, en lecture et en expression orale. L’enfant regarde attentivement le visage et les lèvres de son interlocuteur pour compenser sa perte auditive. Il avance une oreille pour mieux écouter et semble parfois inattentif ou distant.
Les troubles du comportement accompagnent souvent la surdité non diagnostiquée chez l’enfant. Des manifestations de colère, d’isolement, d’agressivité ou de peur peuvent apparaître. L’enfant développe parfois une quête affective importante. Une étude menée en 2016 par la Nuffield Foundation révèle qu’un tiers des enfants ayant souffert d’infections auditives récurrentes présentent des problèmes de lecture ou d’écriture. Le retard scolaire lié à la surdité résulte souvent d’une littératie déficiente, c’est-à-dire d’une maîtrise insuffisante de la lecture et de l’écriture.
Quels sont les facteurs de risque de la surdité chez l’enfant ?
Certains facteurs augmentent les risques de développer une déficience auditive. Les antécédents familiaux de surdité constituent un facteur de risque majeur. Les infections maternelles durant la grossesse, comme la rubéole, le cytomégalovirus, la toxoplasmose, la syphilis ou l’herpès, favorisent l’apparition de troubles auditifs chez le bébé. Les complications de la grossesse, telles que le diabète, l’hypertension ou la prise de médicaments ototoxiques, augmentent également les risques.
Un faible poids de naissance inférieur à 1500 grammes, un manque d’oxygène, des convulsions ou une hyperbilirubinémie sévère nécessitant une transfusion représentent des facteurs de risque importants. Les malformations de la tête ou du cou, la septicémie, la méningite et les séjours en soins intensifs accroissent la probabilité de surdité. Les otites à répétition et l’exposition à des bruits excessifs fragilisent aussi l’audition de l’enfant. Les otites séreuses durables touchent 12 à 18 % des enfants de moins de 5 ans et peuvent entraîner une perte auditive temporaire ou permanente.
Comment diagnostiquer la surdité chez l’enfant ?
Le diagnostic de la surdité repose sur plusieurs examens complémentaires. Les otoémissions acoustiques mesurent la réaction des cellules ciliées externes de l’oreille interne et détectent un dysfonctionnement de l’oreille moyenne ou de perception. L’audiométrie comportementale ou conditionnée s’adresse aux enfants de plus de 3 ans. L’enfant répond à des stimuli sonores sous forme de jeu, ce qui permet d’évaluer ses capacités auditives de manière ludique.
L’audiométrie tonale et vocale concerne les enfants à partir de 6 ans. L’enfant donne une réponse orale ou gestuelle lorsqu’il perçoit un son. La tympanométrie mesure la mobilité du tympan et détecte les problèmes de l’oreille moyenne. Des outils spécifiques comme le Sensory Baby Test ou les boîtes de Moati complètent le diagnostic. Un bilan orthophonique peut également être réalisé pour évaluer les compétences de communication et de langage de l’enfant. Un examen ORL reste recommandé chez les enfants de moins de 6 ans présentant des facteurs de risque ou n’ayant pas bénéficié du dépistage néonatal.
Quelles sont les conséquences de la surdité chez l’enfant ?
La perte d’audition chez l’enfant entraîne des conséquences multiples sur son développement. Le retard dans l’acquisition du langage constitue la première répercussion observable. Les difficultés cognitives apparaissent ensuite, car le langage joue un rôle central dans la construction de la pensée. Plus le diagnostic de la surdité se fait tardivement, plus les répercussions sur le développement de l’enfant se révèlent importantes. Les surdités sévères ou profondes touchent environ 3 enfants sur 1000 à l’âge de 3 ans.
Les troubles du comportement se manifestent fréquemment chez les enfants sourds non diagnostiqués. L’agressivité, l’isolement, la peur ou la quête affective traduisent la difficulté de l’enfant à communiquer avec son entourage. Le retard scolaire apparaît généralement dès l’entrée en maternelle et s’accentue avec les années. Les difficultés en lecture, en écriture et en expression orale pénalisent la réussite scolaire. La vie sociale de l’enfant se trouve également affectée, car la communication avec les autres enfants reste limitée. Un dépistage précoce de la surdité permet de limiter ces impacts et d’accompagner au mieux l’enfant dans son développement.
Comment communiquer avec un bébé sourd ?
Continuer à parler au bébé sourd reste fondamental pour son développement. Le bébé perçoit les émotions, les mimiques, les mouvements des lèvres et les vibrations. Parler face au bébé, à sa hauteur, lui permet de voir le visage et les expressions de son interlocuteur. L’utilisation de mimiques exagérées facilite la compréhension et renforce la communication. Le bébé sourd communique par les pleurs, les cris, le babillage, le regard et l’activité motrice. Ces prérequis à la communication restent indispensables pour l’entrée dans la langue.
L’accompagnement parental débute dès le diagnostic, quel que soit le degré de surdité. La réhabilitation auditive et l’éducation auditive s’appuient sur des jeux, des bruits, des onomatopées et des interactions adaptées à l’âge et aux centres d’intérêt de l’enfant. Les gestes, les mimiques et les aides à la communication comme la langue parlée complétée ou les gestes accompagnent le développement du langage selon les choix de la famille. Des outils comme les figurines d’animaux de la ferme, les instruments de musique ou les jouets sonores enrichissent les échanges. Les jeux et les livres deviennent des supports de plaisir partagé entre les parents et l’enfant.
Quels sont les traitements de la surdité chez l’enfant ?
L’appareillage auditif pour l’enfant se recommande dès qu’une surdité légère à moyenne est détectée, soit une perte auditive de 40 décibels ou plus. Les appareils les plus adaptés aux enfants sont les contours d’oreille BTE avec embouts moulés. Ces dispositifs se révèlent robustes et s’ajustent à la croissance de l’enfant. L’appareillage peut être proposé dès l’âge de 3 à 6 mois après confirmation du diagnostic.
L’implant cochléaire représente une solution pour les surdités sévères ou profondes lorsque l’appareillage auditif reste insuffisant. La Haute Autorité de Santé recommande depuis 2009 la pose d’un implant cochléaire dès l’âge de 12 mois si les prothèses auditives ne donnent pas de résultats satisfaisants. Un bilan pluridisciplinaire dans un centre pédiatrique précède la décision d’implantation. La rééducation orthophonique accompagne systématiquement l’appareillage ou l’implantation. L’orthophoniste réalise un bilan des compétences de communication et de langage, puis propose un plan de séances adapté aux besoins de l’enfant.
La langue des signes française et la langue des signes complétée offrent des modes de communication alternatifs ou complémentaires à l’oral. Le choix du mode de communication appartient à la famille, qui doit être informée et accompagnée dans sa décision. Un projet individualisé se construit avec la famille pour adapter l’accompagnement au profil de l’enfant. Plus la réhabilitation auditive intervient rapidement et de manière efficace, meilleures sont les capacités de communication et de langage de l’enfant.
Comment se déroule la scolarisation de l’enfant sourd ?
La loi sur l’égalité des chances de 2005 reconnaît le droit fondamental à l’éducation pour tous les enfants, y compris les enfants sourds. L’inclusion scolaire nécessite une connaissance des besoins spécifiques de l’enfant sourd. Les difficultés perceptives, lexicales et pragmatiques doivent être prises en compte pour adapter l’enseignement. Un nombre croissant d’enfants sourds bénéficie d’une inclusion en milieu ordinaire, avec ou sans aide spécifique.
L’accompagnement reste indispensable pour évaluer les besoins de l’enfant aux moments clés de sa scolarité. L’entrée en maternelle, l’apprentissage de l’écrit, le passage au collège et au lycée représentent des étapes déterminantes. Des adaptations pédagogiques, comme l’utilisation de supports visuels, la présence d’un interprète en langue des signes ou d’un codeur en langue parlée complétée, facilitent l’apprentissage. Les enseignants et les professionnels doivent être informés et formés aux spécificités du handicap auditif pour accompagner au mieux l’enfant dans sa réussite scolaire.
Quels sont les risques liés à l’usage des écouteurs chez les jeunes enfants ?
Les jeunes enfants se trouvent de plus en plus exposés aux risques auditifs liés à l’usage excessif de casques et d’écouteurs. Un enfant sur trois de moins de 6 ans s’endort avec de la musique dans les oreilles. Environ 10 % des enfants de moins de 2 ans présentent une déficience auditive, un chiffre en augmentation. Les oreilles des enfants restent fragiles et particulièrement sensibles aux agressions sonores. L’exposition prolongée à un volume élevé endommage les cellules ciliées de l’oreille interne de manière irréversible.
Les parents doivent veiller à limiter le temps d’écoute et à régler le volume à un niveau raisonnable. Les troubles auditifs causés par une exposition excessive au bruit peuvent être prévenus par une sensibilisation précoce aux risques. Les signes d’alerte incluent une demande répétée de monter le son de la télévision, des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant ou des acouphènes. Une consultation auprès d’un médecin ORL reste recommandée dès l’apparition de ces symptômes.
FAQ
À quel âge peut-on détecter la surdité chez un bébé ?
Le dépistage de la surdité s’effectue dès les premiers jours de vie en maternité. Le test auditif néonatal, obligatoire depuis 2012, permet de repérer les bébés à risque de trouble auditif. Un suivi régulier reste nécessaire durant toute la petite enfance, car certaines surdités évolutives apparaissent plus tardivement.
Quand faut-il consulter un médecin ORL pour un enfant ?
Une consultation auprès d’un médecin ORL devient nécessaire si le test auditif en maternité se révèle non concluant après deux passages. Les parents doivent également consulter si leur enfant présente des signes de surdité, comme une absence de réaction aux sons, un retard de langage ou des difficultés scolaires. Les enfants présentant des facteurs de risque ou n’ayant pas bénéficié du dépistage néonatal doivent aussi être examinés.
Une surdité légère nécessite-t-elle un appareillage auditif ?
Une surdité légère ou moyenne justifie un appareillage auditif dès que la perte auditive atteint ou dépasse 40 décibels. L’appareillage précoce limite les répercussions sur le développement du langage et les capacités de communication. Les contours d’oreille BTE avec embouts moulés représentent les appareils les mieux adaptés aux enfants.