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La leucémie chez l’enfant : symptômes, diagnostic et traitements

La leucémie représente le cancer le plus fréquent chez les enfants, avec près de 30 % des cas de cancers pédiatriques. Chaque année en France, environ 400 à 500 nouveaux cas sont diagnostiqués. Cette maladie du sang se caractérise par une prolifération anarchique de cellules anormales dans la moelle osseuse, perturbant la production normale des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes. Les progrès thérapeutiques récents permettent aujourd’hui des taux de guérison élevés, particulièrement pour la leucémie aiguë lymphoblastique.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 11 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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leucemie enfant
© Thinkstock
Maladies du bébé : fièvre, infections, troubles digestifs et MIN

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que la leucémie chez l’enfant ?
  3. Les différents types de leucémie infantile
  4. Quels sont les symptômes de la leucémie chez l’enfant ?
  5. Comment diagnostiquer une leucémie infantile ?
  6. Quels traitements pour la leucémie de l’enfant ?
  7. Quels facteurs influencent le pronostic ?
  8. Quand consulter en urgence ?
  9. Le suivi après traitement
  10. FAQ

En bref

  • La leucémie aiguë lymphoblastique représente 80 % des leucémies infantiles, avec un taux de survie à 5 ans dépassant 90 %.
  • Les symptômes principaux incluent fatigue persistante, pâleur, saignements anormaux, infections répétées et douleurs osseuses.
  • Le diagnostic repose sur des analyses sanguines et un myélogramme permettant d’identifier les cellules leucémiques.
  • Le traitement associe chimiothérapie intensive sur 2 à 4 ans, parfois complétée par une greffe de moelle osseuse.

Qu’est-ce que la leucémie chez l’enfant ?

La leucémie de l’enfant correspond à un cancer de la moelle osseuse où des cellules souches sanguines se transforment de manière anormale. Ces cellules leucémiques se multiplient de façon incontrôlée et envahissent progressivement la moelle osseuse, puis la circulation sanguine. Cette prolifération empêche la production normale des cellules sanguines indispensables au bon fonctionnement de l’organisme.

La moelle osseuse, située au centre des os, produit habituellement trois types de cellules sanguines. Les globules rouges transportent l’oxygène dans le corps. Les globules blancs protègent contre les infections. Les plaquettes assurent la coagulation du sang. Lorsqu’un enfant atteint de leucémie développe cette maladie, la moelle osseuse fabrique des cellules immatures et dysfonctionnelles qui remplacent progressivement les cellules saines.

Les leucémies infantiles se divisent en deux catégories principales selon la rapidité d’évolution. Les leucémies aiguës progressent rapidement, avec des symptômes apparaissant en quelques semaines. Les leucémies chroniques évoluent lentement sur plusieurs années, mais restent exceptionnelles chez les enfants. La classification distingue également les leucémies selon le type de cellule souche touchée, aboutissant aux formes lymphoïdes et myéloïdes.

Les différents types de leucémie infantile

La leucémie aiguë lymphoblastique, également appelée LAL, constitue la forme la plus courante chez les enfants avec environ 80 % des cas diagnostiqués. Cette leucémie affecte les précurseurs des lymphocytes, un type particulier de globules blancs. Elle touche principalement les enfants entre 2 et 5 ans, avec une légère prédominance chez les garçons. Le pronostic de la leucémie aiguë lymphoblastique s’avère particulièrement favorable, avec des taux de survie à 5 ans atteignant 90 à 95 %.

La leucémie aiguë myéloïde, ou LAM, représente 15 à 20 % des leucémies de l’enfant. Cette forme affecte les cellules souches qui donnent naissance aux globules rouges, certains types de globules blancs et aux plaquettes. Elle se manifeste plus fréquemment entre 5 et 9 ans. Bien que le traitement de la leucémie aiguë myéloïde nécessite une chimiothérapie plus intensive, les taux de survie à 5 ans se situent entre 65 et 73 %.

Les leucémies chroniques demeurent rares chez les enfants. La leucémie myéloïde chronique peut survenir occasionnellement, tandis que la leucémie myélomonocytaire chronique juvénile reste associée à des anomalies génétiques spécifiques. Ces formes évoluent lentement et nécessitent une prise en charge adaptée à leur particularité.

Quels sont les symptômes de la leucémie chez l’enfant ?

Les symptômes de la leucémie chez l’enfant apparaissent généralement de façon rapide, en quelques jours ou semaines. La fatigue excessive et persistante constitue souvent le premier signe observé par les parents. L’enfant présente une lassitude inhabituelle qui ne s’améliore pas avec le repos. Cette fatigue s’accompagne fréquemment d’une pâleur marquée de la peau et des muqueuses, notamment au niveau des lèvres et des gencives.

Les troubles de la coagulation se manifestent par des saignements anormaux. L’enfant atteint de leucémie développe facilement des ecchymoses sans traumatisme apparent, des saignements de nez répétés ou des saignements des gencives. De petites taches rouges appelées pétéchies peuvent apparaître sur la peau. Ces manifestations résultent de la diminution du nombre de plaquettes dans le sang.

Les infections répétées constituent un autre signal d’alerte. La baisse des globules blancs fonctionnels fragilise les défenses immunitaires. L’enfant présente alors des infections respiratoires, urinaires ou des angines à répétition. Une fièvre persistante sans cause identifiable peut également survenir. Ces épisodes infectieux se prolongent ou récidivent malgré les traitements habituels.

Tant qu'on en parle
Cancer enfant

D’autres manifestations peuvent orienter vers le diagnostic de la leucémie. Les douleurs osseuses et articulaires touchent fréquemment les jambes, les bras ou le dos. L’enfant peut se plaindre de maux diffus ou développer une boiterie. Un gonflement du ventre traduit parfois l’augmentation de volume de la rate ou du foie. Les ganglions lymphatiques peuvent augmenter de taille au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine. Une perte d’appétit accompagnée d’un amaigrissement inexpliqué complète parfois le tableau clinique.

Comment diagnostiquer une leucémie infantile ?

Le diagnostic de la leucémie débute par une consultation médicale lorsque des symptômes persistants ou une dégradation rapide de l’état général alertent les parents. Le médecin réalise un examen clinique complet et recueille les antécédents médicaux de l’enfant. Une simple prise de sang, appelée numération formule sanguine, permet de détecter des anomalies dans le nombre et l’aspect des cellules sanguines.

La confirmation du diagnostic nécessite un myélogramme, examen qui consiste en une ponction de la moelle osseuse. Cette procédure s’effectue généralement au niveau du sternum ou de la crête iliaque, sous anesthésie locale ou générale selon l’âge de l’enfant. L’analyse au microscope recherche la présence de plus de 20 % de cellules leucémiques, appelées blastes, dans la moelle osseuse. Des techniques complémentaires comme l’immunophénotypage permettent de caractériser précisément le type de leucémie.

Des examens complémentaires affinent le bilan initial. La ponction lombaire vérifie l’absence d’atteinte du système nerveux central par les cellules leucémiques. Le caryotype hématologique identifie d’éventuelles anomalies chromosomiques qui influencent le pronostic et orientent le choix thérapeutique. Des analyses de biologie moléculaire recherchent des transcrits de fusion spécifiques. Des examens d’imagerie comme la radiographie du thorax, l’échographie abdominale ou l’IRM cérébrale complètent le bilan selon les cas.

La rapidité du diagnostic revêt une importance capitale. Dès la suspicion confirmée, l’enfant est orienté vers un service spécialisé en oncologie pédiatrique. Le traitement débute rapidement après la caractérisation précise de la leucémie lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire. Cette prise en charge précoce améliore significativement les chances de rémission.

Bon à savoir

Chez 30 % des malades on retrouve une anomalie génétique (fusion de deux gènes) qui perturbe le processus de développement normal des cellules.

Quels traitements pour la leucémie de l’enfant ?

Le traitement de la leucémie repose principalement sur la chimiothérapie, administrée selon des protocoles standardisés adaptés au type de leucémie et aux facteurs pronostiques. La durée totale du traitement s’étend sur 2 à 4 ans et se déroule en plusieurs phases successives. Un cathéter veineux central est posé sous anesthésie générale pour faciliter l’administration des médicaments et les prélèvements sanguins répétés.

La phase d’induction constitue la première étape thérapeutique. Elle vise à obtenir une rémission complète en éliminant les cellules leucémiques détectables dans le sang et la moelle osseuse. Cette chimiothérapie intensive associe plusieurs médicaments comme les corticostéroïdes, l’asparaginase, les alcaloïdes de la pervenche ou les anthracyclines. La durée de cette phase s’étend généralement sur 4 à 6 semaines. Des injections intrathécales de chimiothérapie préviennent l’atteinte du système nerveux central.

La phase de consolidation intervient après l’obtention de la rémission. Elle permet d’éliminer les cellules leucémiques résiduelles non détectables par les examens habituels. Cette étape dure 4 à 6 semaines et utilise des médicaments différents de ceux employés lors de l’induction. L’intensité du traitement varie selon le niveau de risque évalué pour chaque enfant.

La phase d’entretien prolonge le traitement sur 18 mois pour les filles et 30 mois pour les garçons. Cette chimiothérapie à faible intensité s’administre principalement par voie orale, permettant un suivi en ambulatoire avec des hospitalisations ponctuelles. L’objectif consiste à maintenir la rémission obtenue et prévenir les rechutes.

La greffe de moelle osseuse intervient dans certaines formes agressives de leucémie ou en cas de rechute. Cette procédure remplace la moelle osseuse malade par des cellules souches saines provenant d’un donneur compatible. Les thérapies ciblées et l’immunothérapie, comme la thérapie CAR-T qui modifie génétiquement les lymphocytes du patient, représentent des avancées récentes offrant de nouvelles perspectives thérapeutiques.

À noter

Certaines études rapportent que les risques de leucémie sont augmentés chez les enfants résidant à proximité immédiate de lignes électriques à haute tension ou des stations-services.

Quels facteurs influencent le pronostic ?

Le pronostic de la leucémie dépend de multiples facteurs identifiés dès le diagnostic. L’âge de l’enfant joue un rôle déterminant, avec un meilleur pronostic pour les enfants âgés de 1 à 9 ans. Les nourrissons de moins d’un an et les adolescents présentent généralement une évolution moins favorable. Le type de leucémie constitue également un élément majeur, la leucémie aiguë lymphoblastique offrant de meilleurs résultats que la leucémie aiguë myéloïde.

Le nombre de globules blancs au moment du diagnostic influence les chances de guérison. Un taux inférieur à 50 000 globules blancs par millimètre cube de sang s’associe à un meilleur pronostic. L’atteinte du système nerveux central ou des testicules au diagnostic constitue un facteur défavorable nécessitant une intensification thérapeutique. Les anomalies chromosomiques et génétiques détectées dans les cellules leucémiques orientent également le pronostic et le choix du traitement.

La réponse au traitement représente le facteur pronostique le plus important. La sensibilité aux corticostéroïdes lors de la première semaine de traitement constitue un indicateur précoce. L’obtention d’une rémission complète après la phase d’induction et la vitesse de décroissance de la maladie résiduelle guident l’adaptation thérapeutique. Un suivi régulier après le traitement permet de détecter précocement une éventuelle rechute et d’évaluer les effets secondaires à long terme.

Quand consulter en urgence ?

Plusieurs situations nécessitent une consultation médicale rapide. La persistance d’une fatigue inhabituelle pendant plusieurs jours ou semaines, sans amélioration malgré le repos, doit alerter les parents. Une pâleur marquée de la peau avec un teint cireux, particulièrement visible au niveau des lèvres et des gencives, constitue un signal d’alarme.

Les manifestations hémorragiques justifient une consultation rapide. L’apparition d’ecchymoses multiples sans traumatisme, des saignements de nez répétés ou prolongés, des saignements des gencives lors du brossage des dents nécessitent un avis médical. La présence de petits points rouges sur la peau, appelés pétéchies, doit également conduire à consulter.

Bon à savoir

Les statistiques de survie aux cancers sont uniquement des estimations à prendre avec la plus grande prudence puisqu’elles ne permettent en aucun cas de prédire les chances de survie d’un enfant en particulier.

Les infections répétées ou prolongées, accompagnées d’une fièvre persistante sans cause identifiée, méritent une évaluation médicale. Des douleurs osseuses ou articulaires régulières, une boiterie inexpliquée ou un refus de marcher chez le jeune enfant doivent motiver une consultation. Un gonflement du ventre, l’augmentation de volume des ganglions lymphatiques ou une perte de poids inexpliquée complètent les signes justifiant un examen médical rapide.

La consultation débute généralement auprès du médecin traitant ou du pédiatre. Une simple prise de sang permet d’orienter rapidement le diagnostic. En cas d’anomalies détectées, l’enfant est adressé vers un service spécialisé en oncologie pédiatrique pour la réalisation du bilan complet et la mise en place du traitement adapté.

Le suivi après traitement

Le suivi médical se poursuit pendant de nombreuses années après la fin du traitement. Des consultations régulières permettent de surveiller l’absence de rechute et de dépister d’éventuels effets secondaires tardifs des traitements contre les cancers. Des analyses sanguines, des examens d’imagerie et des bilans fonctionnels s’effectuent selon un calendrier établi par l’équipe médicale.

Les traitements de la leucémie peuvent entraîner des complications à long terme. Le risque de développer un second cancer, notamment des tumeurs cutanées ou un cancer de la thyroïde, nécessite une surveillance prolongée. Les anthracyclines utilisées en chimiothérapie peuvent affecter la fonction cardiaque. Une surveillance cardiologique régulière s’impose donc chez les enfants ayant reçu ces médicaments.

Les effets sur la fertilité constituent une préoccupation importante. Certains traitements contre le cancer peuvent altérer les capacités reproductives futures. Une proposition de conservation des gamètes peut être faite avant le début du traitement chez les adolescents. Un accompagnement spécialisé aide les familles à aborder ces questions délicates.

Bon à savoir

Un congé de 2 jours minimum est ouvert à tous les salariés en cas d’annonce de la survenue chez leur enfant d’un handicap, d’un cancer ou d’une pathologie grave et de longue durée ayant un retentissement important sur l’organisation de la vie quotidienne (article 3142-4 du Code du travail institué par la loi n° 2021-1678 du 17 décembre 2021). La liste des pathologies qui ouvrent droit à un congé spécifique est fixée par le décret n° 2023-215 du 27 mars 2023.

Le retour à une vie normale s’effectue progressivement. La reprise scolaire fait l’objet d’un projet d’accueil individualisé tenant compte des besoins spécifiques de l’enfant. Un soutien psychologique accompagne l’enfant et sa famille tout au long du parcours de soins et après la guérison. Les associations spécialisées proposent information, écoute et partage d’expériences avec d’autres familles confrontées à la leucémie infantile.

FAQ

Quels sont les premiers signes de la leucémie chez un enfant ?

Les premiers signes associent généralement une fatigue inhabituelle persistant plusieurs semaines, une pâleur marquée de la peau et des muqueuses, des infections répétées et une fièvre prolongée. Des ecchymoses apparaissant sans traumatisme, des saignements de nez fréquents ou des douleurs osseuses complètent souvent le tableau initial. Ces symptômes justifient une consultation médicale rapide pour réaliser une prise de sang.

Combien de temps dure le traitement d’une leucémie infantile ?

Le traitement s’étend sur une période de 2 à 4 ans selon le type de leucémie et les facteurs pronostiques. La phase d’induction dure 4 à 6 semaines, suivie d’une consolidation de 4 à 6 semaines. La phase d’entretien se prolonge ensuite sur 18 mois pour les filles et 30 mois pour les garçons. Cette durée permet de maintenir la rémission et de prévenir les rechutes.

Peut-on guérir complètement d’une leucémie de l’enfant ?

Les progrès thérapeutiques permettent aujourd’hui des taux de guérison élevés. Pour la leucémie aiguë lymphoblastique, plus de 90 % des enfants survivent à 5 ans après le diagnostic. La leucémie aiguë myéloïde présente des taux de survie à 5 ans compris entre 65 et 73 %. Un suivi médical prolongé reste nécessaire pour surveiller l’absence de rechute et dépister d’éventuels effets secondaires tardifs.

Quelles sont les causes de la leucémie chez l’enfant ?

Les causes exactes demeurent mal connues dans la majorité des cas. Certains facteurs de risque ont été identifiés comme les syndromes génétiques, les antécédents familiaux de leucémie, l’exposition à de fortes doses de radiations ou un poids élevé à la naissance. La combinaison de facteurs génétiques et environnementaux pourrait favoriser l’apparition de la maladie, mais aucune cause unique n’a été démontrée.

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