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Troubles de l’oralité alimentaire chez l’enfant : comprendre et accompagner

Les troubles de l’oralité alimentaire concernent un nombre important de jeunes enfants. Ces difficultés se manifestent par un refus ou une incapacité à s’alimenter de manière adaptée à l’âge. Le développement de l’oralité alimentaire débute dès la vie intra-utérine et se poursuit tout au long de la petite enfance. Il s’agit d’un processus complexe qui engage les dimensions sensorielle, motrice, affective et relationnelle. Quand ce développement rencontre des obstacles, l’enfant peut présenter des comportements alimentaires qui inquiètent les parents et nécessitent une attention particulière.

Mis à jour le 29/04/2026

Temps de lecture estimé à 17 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Bébé qui refuse de manger
© Thinkstock
Alimentation du bébé : allaitement, biberon et diversification

Sommaire.

  1. En bref
  2. Qu’est-ce que l’oralité alimentaire ?
  3. Comment se manifestent les troubles de l’oralité chez l’enfant ?
  4. Quelles sont les causes des troubles de l’oralité alimentaire ?
  5. Quelle est la fréquence des troubles de l’oralité ?
  6. Comment reconnaître une sélectivité alimentaire pathologique ?
  7. Quel est le lien entre oralité et développement psycho-affectif ?
  8. Quels sont les risques liés à la nutrition artificielle ?
  9. Comment accompagner un enfant avec des troubles de l’oralité pendant les repas ?
  10. Quelles activités sensorielles favorisent le développement de l’oralité ?
  11. Quand consulter un professionnel pour un trouble de l’oralité ?
  12. Quelle prise en charge pour les troubles de l’oralité alimentaire ?
  13. Combien de temps dure la progression ?
  14. Quels sont les risques en l’absence de prise en charge ?
  15. Quel rôle pour les parents dans l’accompagnement ?
  16. Comment prévenir les troubles de l’oralité alimentaire ?
  17. Quel est le rôle du chirurgien-dentiste dans les troubles de l’oralité ?
  18. Quelles sont les bonnes pratiques lors des séances de soins ?
  19. FAQ

En bref

  • Les troubles de l’oralité alimentaire touchent entre 5 et 50 % des enfants selon les populations.
  • Ces difficultés se traduisent par des refus alimentaires, une hypersensibilité sensorielle et une perte de plaisir à manger.
  • Les causes sont multiples : organiques, neurologiques, sensorielles, psychologiques ou post-traumatiques.
  • Une prise en charge multidisciplinaire et précoce améliore significativement le pronostic.

Qu’est-ce que l’oralité alimentaire ?

L’oralité regroupe toutes les fonctions liées à la bouche : alimentation, respiration, communication et exploration. Chez le bébé, l’oralité alimentaire commence avant la naissance. Dès la huitième semaine de grossesse, le fœtus développe le goût et l’odorat en avalant le liquide amniotique. Après la naissance, la succion nutritive permet au nourrisson de se nourrir, tandis que la succion non nutritive, comme le pouce ou les jouets, participe à son développement sensoriel.

Le développement de l’oralité alimentaire suit celui de la motricité globale de l’enfant. Quand il tient sa tête et s’assoit, il devient capable de manger à la cuillère. La mastication apparaît dès trois mois et favorise la croissance des maxillaires. Vers six mois, le babillage volontaire marque le début du langage oral. Cette évolution se poursuit jusqu’à l’explosion lexicale autour de deux ans. L’oralité alimentaire et l’oralité verbale se développent donc en parallèle et s’influencent mutuellement.

Comment se manifestent les troubles de l’oralité chez l’enfant ?

Un trouble de l’oralité alimentaire se caractérise par des difficultés inappropriées à l’âge de l’enfant pour s’alimenter. Ces troubles peuvent être fonctionnels, avec des difficultés de succion, de déglutition ou de mastication. Ils peuvent aussi être sensoriels, quand le contact avec l’aliment en bouche provoque une gêne ou un dégoût. Les manifestations varient selon l’âge et la nature du trouble.

Signes d’alerte chez le nouveau-né

Chez le nouveau-né, plusieurs signes peuvent alerter les parents. Une succion inefficace rend les tétées longues et fatigantes. Le bébé ingère peu de lait malgré le temps passé au sein ou au biberon. Des hauts-le-cœur fréquents apparaissent pendant les repas. L’absence de signes de faim, l’agitation ou l’inconfort durant l’alimentation constituent également des indicateurs à ne pas négliger.

Signes d’alerte chez le nourrisson et le petit enfant

Chez le nourrisson et le jeune enfant, les troubles de l’oralité alimentaire se traduisent par une absence de plaisir à manger. L’enfant peut présenter une extension corporelle pendant le repas, signe d’un inconfort. Les repas durent souvent plus de vingt minutes, voire trente minutes dans certains cas. Des hauts-le-cœur importants surviennent au contact des aliments. Les difficultés à prendre du poids deviennent préoccupantes.

Le refus de nouvelles textures ou d’aliments inconnus constitue un signe fréquent. L’introduction des morceaux devient problématique. L’enfant pleure pendant les repas ou refuse de mettre des objets ou des aliments en bouche. Une hypersensibilité tactile se manifeste lors du mouchage, du brossage des dents ou au contact avec le sable, la peinture ou l’eau. Ces comportements indiquent souvent un trouble du traitement de l’information sensorielle.

Quelles sont les causes des troubles de l’oralité alimentaire ?

Les troubles alimentaires pédiatriques ont des origines multifactorielles. Les causes organiques regroupent les pathologies digestives, les malformations congénitales et les anomalies de la déglutition. Les causes neurologiques incluent les encéphalopathies congénitales ou acquises. Les troubles psycho-comportementaux peuvent également jouer un rôle dans l’apparition de ces difficultés.

Les causes post-traumatiques méritent une attention particulière. Des douleurs oro-digestives répétées, une alimentation artificielle prolongée, une privation sensorielle ou une perturbation du rythme faim-satiété peuvent entraîner un désinvestissement de la sphère orale. Le manque de relation affective pendant les repas contribue aussi à ces troubles. Les causes sensorielles, liées à un trouble du traitement de l’information sensorielle, expliquent une part importante des difficultés rencontrées.

Certains enfants présentent un risque accru de développer un trouble de l’oralité alimentaire. Les prématurés, les enfants avec des troubles du neurodéveloppement, ceux ayant subi une chirurgie digestive ou une intubation prolongée sont particulièrement vulnérables. Entre 56 et 87 % des enfants avec un trouble du spectre autistique présentent des troubles alimentaires. Les enfants porteurs de malformations oro-faciales, de cardiopathies ou de syndromes génétiques sont également concernés.

Quelle est la fréquence des troubles de l’oralité ?

Les troubles de l’oralité alimentaire touchent une proportion variable d’enfants selon les populations étudiées. Entre 5 et 16 % des enfants à développement classique présentent ces difficultés. Ce pourcentage grimpe entre 25 et 50 % chez les enfants vulnérables, notamment ceux avec des pathologies neurodéveloppementales, cardiorespiratoires ou digestives. Les troubles alimentaires pédiatriques représentent entre 20 et 25 % des consultations pour les enfants de zéro à trois ans.

Parmi les jeunes enfants, 25 à 35 % connaissent des difficultés alimentaires. Toutefois, seuls 1 à 5 % présentent un réel trouble alimentaire avec malnutrition. Chez les enfants avec un retard de développement, 80 % ont des troubles alimentaires, souvent associés à une cause organique. La fréquence de ces troubles reste probablement sous-estimée, car tous les parents ne consultent pas systématiquement.

Comment reconnaître une sélectivité alimentaire pathologique ?

La sélectivité alimentaire se manifeste par un refus de certains aliments ou textures. Chez le jeune enfant, une phase de néophobie alimentaire apparaît naturellement autour de deux ans. L’enfant refuse de goûter des aliments nouveaux, ce qui constitue une étape normale du développement. Cette néophobie reste compatible avec une croissance régulière et un répertoire alimentaire suffisamment varié.

Bon à savoir

Lorsque l’oralité n’est pas perturbée, l’enfant prend plaisir à explorer sa bouche, à essayer de nouveaux sons, de nouvelles textures, de nouveaux aliments.

La sélectivité devient pathologique quand le répertoire alimentaire se réduit à moins de vingt aliments à dix-huit mois. L’enfant refuse systématiquement de goûter de nouveaux aliments, exprime une peur ou une phobie de manger. Certains enfants ne tolèrent qu’une dizaine d’aliments, ce qui compromet leur équilibre nutritionnel. Les aliments rejetés concernent souvent des textures spécifiques, comme les fruits ou légumes collants tels que le kiwi ou la poire.

Les manifestations de la sélectivité alimentaire incluent des refus de regarder, sentir ou toucher certains aliments. L’enfant peut présenter un écœurement, un besoin de s’essuyer immédiatement après contact. Des nausées ou des vomissements surviennent au simple contact visuel ou olfactif avec l’aliment refusé. Ces réactions témoignent d’une hypersensibilité sensorielle qui dépasse la simple préférence alimentaire.

Quel est le lien entre oralité et développement psycho-affectif ?

Le nourrissage ne répond pas uniquement à un besoin physiologique. Il constitue une interaction sensorielle, corporelle et relationnelle entre la mère et l’enfant. L’acte alimentaire stimule tous les sens : le goût, l’odorat, la vue, le toucher et l’ouïe. Le bébé construit progressivement une conscience unifiée de son corps grâce à ces expériences sensorielles répétées.

Le mamelon en bouche, l’odeur de la mère, le portage et les paroles créent une situation rassurante pour le nourrisson. Le plaisir lié à la satiété, à la sécurité et à la succion investit la zone bucco-labiale. Le nourrissage et le maternage atténuent les angoisses massives du bébé et construisent une fonction de contenance. L’image corporelle se structure avec un contenant, le corps, et un contenu, le lait.

Cette intériorisation devient une peau psychique, une enveloppe qui contient les angoisses. Le corps entier se trouve relié à l’oralité. La rythmicité des repas montre au bébé que le plaisir ne vient pas toujours immédiatement. Cet écart entre le désir et sa réalisation instaure une différenciation entre soi et l’autre. La frustration supportable devient nécessaire à l’organisation psychique de l’enfant.

Quels sont les risques liés à la nutrition artificielle ?

La nutrition artificielle, qu’elle soit parentérale ou entérale, prive l’enfant de la dimension affective, relationnelle et sensorielle du repas. L’alimentation devient perçue comme un soin ou un médicament plutôt qu’un moment de plaisir partagé. La zone orale se trouve hyperdéfendue à cause des douleurs et des intrusions médicales répétées. Un désinvestissement corporel apparaît, et les troubles de l’oralité se développent comme une défense.

L’image corporelle se trouve biaisée par l’appareillage. Le retrait de cet appareillage nécessite une préparation soignée pour éviter un traumatisme supplémentaire. L’alimentation continue supprime la passivité, l’absence de rythme et l’absence d’attente. Ces éléments ont des conséquences sur l’accordage entre la mère et l’enfant. La difficulté d’attachement s’installe, la mère se sent dévalorisée dans son rôle maternel.

Les angoisses de mort peuvent conduire à un forcing alimentaire qui aggrave les troubles. Les enjeux relationnels autour de l’alimentation deviennent très forts. La population d’enfants sous nutrition artificielle précoce et de longue durée présente un risque particulièrement élevé de développer un trouble de l’oralité alimentaire. Entre 10 et 49 % des troubles de l’oralité résultent des conséquences de la prématurité et des soins intensifs associés.

Comment accompagner un enfant avec des troubles de l’oralité pendant les repas ?

L’accompagnement d’un enfant présentant un trouble de l’oralité alimentaire repose sur plusieurs principes. Il faut favoriser la participation de l’enfant aux différentes étapes du repas selon son âge : les courses, la préparation et le dressage de la table. L’installation doit être confortable, avec une chaise adaptée et un cale-pied si nécessaire. Il convient d’éviter les distractions comme la télévision ou les jeux pendant le repas.

Manger ensemble permet à l’enfant de bénéficier de l’effet d’imitation. La découverte tactile des aliments avec les doigts favorise l’apprivoisement sensoriel. Utiliser les aliments préférés de l’enfant pour introduire de nouveaux aliments constitue une stratégie efficace. Décorer l’assiette rend le repas plus attrayant. Il ne faut jamais forcer l’enfant à manger, car cela renforce les résistances et les angoisses.

Le cadre et le rythme des repas restent décidés par les parents. Proposer de petites assiettes avec de modestes quantités évite de submerger l’enfant. Intégrer un aliment apprécié dans l’assiette rassure et encourage. Permettre à l’enfant de cracher s’il en ressent le besoin réduit la pression. La présentation progressive des aliments refusés suit plusieurs étapes : visuel, toucher, écraser, sentir, mettre en bouche, mâcher, cracher, puis avaler.

Quelles activités sensorielles favorisent le développement de l’oralité ?

En dehors des repas, plusieurs activités favorisent le développement de l’oralité. Il faut encourager l’exploration orale avec des jouets de dentition dès quatre mois et de petites brosses à dents. Inviter l’enfant à sentir les odeurs de cuisine stimule son odorat et crée un lien positif avec les aliments. Les activités sensorielles variées contribuent à la désensibilisation progressive.

Proposer des jeux avec du sable, de la peinture, de l’eau et des balles de textures différentes enrichit les expériences tactiles. Verbaliser les sensations de l’enfant et l’encourager dans ses découvertes renforce sa confiance. Les jouets à mâcher, les comptines et les jeux de bouche stimulent la sphère orale de manière ludique. Les jeux symboliques comme la dînette permettent à l’enfant de rejouer les scènes de repas sans pression.

Bon à savoir

Selon les auteurs, la dysoralité toucherait 25 % des enfants.

Les massages intra-buccaux réalisés par des professionnels formés participent à la désensibilisation. Ces techniques doivent être pratiquées avec douceur et respect du rythme de l’enfant. Les parcours alimentaires ludiques, comme les pique-niques, créent des contextes différents qui facilitent l’acceptation de nouveaux aliments. Impliquer l’enfant dans la confection des repas développe son intérêt et sa curiosité pour la nourriture.

Quand consulter un professionnel pour un trouble de l’oralité ?

Une consultation devient recommandée quand l’enfant pleure ou hurle à l’idée de manger. Le refus systématique d’aliments nouveaux, des repas trop longs ou une courbe de poids inquiétante justifient un avis médical. L’impact social, comme l’impossibilité de participer à des repas collectifs, constitue également un motif de consultation. Les professionnels de santé doivent penser aux troubles de l’oralité chez les patients présentant des troubles de l’alimentation ou de la croissance.

Le dépistage s’impose chez les patients à risque : prématurés, enfants avec des pathologies neurodéveloppementales, digestives ou cardiorespiratoires. Un interrogatoire systématique permet de préciser la plainte des parents. Il faut reprendre l’histoire de l’alimentation depuis la maternité, l’allaitement et la diversification. L’évaluation de l’alimentation actuelle, quantitative et qualitative, oriente le diagnostic.

Plusieurs signes nécessitent un bilan orthophonique : absence d’exploration de la bouche entre zéro et vingt-quatre mois, refus des aliments mixés après sept mois, refus des aliments solides après douze mois. Le refus de la cuillère après sept mois, des nausées ou vomissements fréquents au contact des aliments ou lors des soins bucco-dentaires constituent des indicateurs. L’évitement de certaines textures ou aliments avec la bouche, les mains ou les pieds, l’absence de plaisir au repas avec pleurs ou évitement, ainsi qu’une perte ou une absence de prise de poids justifient une prise en charge spécialisée.

Quelle prise en charge pour les troubles de l’oralité alimentaire ?

La prise en charge des troubles de l’oralité alimentaire repose sur une approche multidisciplinaire. Les médecins, les orthophonistes, les kinésithérapeutes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes, les psychologues et les pédopsychiatres interviennent selon les besoins de l’enfant. Un diagnostic précis reste essentiel pour orienter vers une prise en charge adaptée. La consultation bilan recherche les causes organiques et psychologiques, évalue les irritabilités et les difficultés praxiques.

La consultation de prise en charge associe un psychologue, un orthophoniste et une psychomotricienne. L’accompagnement se fait en partenariat avec les parents. Le travail porte sur les acquis moteurs, sensoriels, oraux et relationnels. Les objectifs incluent l’amélioration des connaissances alimentaires, l’apprentissage de la tolérance, de l’interaction, du toucher, du goût et de la mastication. La sécurisation de la prise alimentaire passe par l’adaptation des textures et de la posture.

Les interventions comportent un travail sensoriel sur les odeurs, les bruits et la posture. Une prise en charge cognitive et comportementale des parents et de la famille accompagne le processus. La rééducation du langage et du bavage fait partie intégrante du traitement quand nécessaire. Certaines structures proposent des séjours thérapeutiques, comme la balade gustative, qui réunit un groupe d’enfants avec un parent pour des ateliers sensoriels et des repas thérapeutiques.

Combien de temps dure la progression ?

La progression dans la prise en charge d’un trouble de l’oralité alimentaire nécessite de la patience. Il faut compter entre six et dix-huit mois pour observer une amélioration significative. Le respect du rythme de l’enfant constitue un principe fondamental. Forcer ou punir aggrave les troubles et renforce les résistances. Chaque enfant évolue à son propre rythme, et les progrès peuvent sembler lents au début.

Les parents doivent être soutenus et accompagnés tout au long du processus. Les injonctions éducatives culpabilisantes sont à éviter absolument. Le rôle des soignants consiste à contenir la vulnérabilité, à soutenir les parents et le nourrisson. La collaboration avec les professionnels libéraux et les structures spécialisées permet un suivi régulier et adapté. Un suivi toute l’année après un séjour thérapeutique maintient les acquis et favorise la poursuite des progrès.

Quels sont les risques en l’absence de prise en charge ?

Sans suivi adapté, les troubles de l’oralité alimentaire peuvent entraîner des retards de développement sensoriel, oro-moteur et langagier. Ces difficultés risquent de persister à l’adolescence et à l’âge adulte. Les répercussions psychomotrices, langagières et psycho-affectives s’aggravent avec le temps. La malnutrition peut compromettre la croissance et le développement global de l’enfant.

L’impact social devient important quand l’enfant ne peut pas participer aux repas collectifs à la crèche, à l’école ou lors d’événements familiaux. L’isolement social et les difficultés relationnelles s’installent. Les troubles du comportement alimentaire non traités peuvent évoluer vers des pathologies plus sévères. La consultation rapide permet d’éviter ces complications et d’améliorer le pronostic à long terme.

Quel rôle pour les parents dans l’accompagnement ?

Les parents jouent un rôle central dans l’accompagnement d’un enfant avec un trouble de l’oralité alimentaire. Leur implication active dans la prise en charge conditionne en grande partie la réussite. Il faut adopter une attitude bienveillante, sans pression ni jugement. Observer l’enfant, respecter ses signaux de faim et de satiété, et valoriser chaque petit progrès encouragent l’évolution positive.

Les parents doivent être informés et formés aux stratégies d’accompagnement. Participer aux consultations, échanger avec les professionnels et mettre en œuvre les conseils à la maison constituent des étapes essentielles. La fonction maternelle se construit par le don, la satisfaction des besoins alimentaires, sensoriels et affectifs. Le lien entre l’alimentation et l’amour reste fort, et les parents peuvent ressentir une dévalorisation quand l’enfant refuse de manger.

Bon à savoir

Une partie des enfants présentant un trouble de l’oralité présentera aussi un retard de parole/langage qu’il faudra rééduquer en parallèle.

Le soutien psychologique des parents fait partie intégrante de la prise en charge. Les angoisses de mort, le sentiment d’échec et la culpabilité doivent être accueillis et travaillés. La mère dépossédée de son rôle maternel par la nutrition artificielle nécessite un accompagnement spécifique. Rétablir la confiance en soi et le plaisir partagé autour des repas constitue un objectif majeur de l’accompagnement familial.

Comment prévenir les troubles de l’oralité alimentaire ?

La prévention des troubles de l’oralité alimentaire commence dès la naissance. Favoriser les stimulations sensorielles tactiles, olfactives et gustatives enrichit les expériences du bébé. Les manipulations tactiles variées, comme les massages doux, préparent le corps de l’enfant aux sensations. Impliquer l’enfant dans la préparation des repas dès que possible développe son intérêt pour la nourriture.

Proposer des aliments ludiques, des jouets à mâcher, des comptines et des jeux de bouche stimule la sphère orale de manière positive. Les jeux symboliques comme la dînette permettent de rejouer les scènes de repas sans enjeu. La diversification alimentaire menée par l’enfant favorise l’autonomie et le plaisir. Introduire progressivement de nouvelles textures et de nouveaux goûts respecte le rythme de développement.

Les périodes clés nécessitent une attention particulière. Entre zéro et sept mois, préparer la diversification alimentaire en variant les stimulations orales prévient certaines difficultés. Entre sept et seize mois, apprendre à manger seul renforce l’autonomie. Entre seize mois et six ans, apprendre à mastiquer des aliments complexes développe les compétences oro-motrices. Les phases d’éruption dentaire, entre cinq et douze mois puis entre dix-huit et trente mois, demandent un accompagnement adapté.

Quel est le rôle du chirurgien-dentiste dans les troubles de l’oralité ?

Le chirurgien-dentiste fait partie de l’équipe soignante dans la prise en charge des troubles de l’oralité. Le dépistage reste possible même si la première visite intervient souvent tardivement, lors du programme de prévention à trois ans. Le praticien donne des conseils de prévention sur la diversification alimentaire et la stimulation de la cavité buccale. Il adapte le brossage et le nettoyage des dents selon les capacités de l’enfant.

La fréquence des actes de prévention, comme l’application de vernis fluoré ou le détartrage, s’adapte aux besoins spécifiques. La communication avec les futurs parents lors de la consultation à un an permet de sensibiliser aux bonnes pratiques. Le chirurgien-dentiste contacte l’équipe soignante pour connaître le contexte général de l’enfant. La préparation des soins par une histoire sociale ou des programmes adaptés facilite l’acceptation.

Un questionnaire sur les goûts, les aversions et les comportements de l’enfant oriente la prise en charge. Les méthodes cognitivo-comportementales, l’autohypnose et la désensibilisation progressive aident l’enfant à tolérer les soins. Les soins sous MEOPA, sédation profonde ou anesthésie générale deviennent nécessaires dans certains cas. L’approche progressive, le respect du rythme, les pauses et les encouragements créent un climat de confiance.

Quelles sont les bonnes pratiques lors des séances de soins ?

Les séances de soins pour un enfant avec un trouble de l’oralité suivent des règles spécifiques. Les rendez-vous réguliers et les séances courtes évitent la fatigue et le débordement émotionnel. L’environnement doit rester calme, avec une lumière douce, sans odeurs ni goûts forts, et sans sons agressifs. Les contacts fermes sont préférés aux touchers légers, mieux tolérés par les enfants hypersensibles.

L’utilisation d’outils de communication alternative facilite l’échange avec l’enfant quand nécessaire. La place des accompagnants reste importante pour rassurer l’enfant et la famille. Le professionnel verbalise chaque geste, explique les sensations et valorise les efforts. Le respect du rythme de l’enfant, la patience et la bienveillance constituent les piliers de la réussite.

FAQ

Mon enfant refuse tous les légumes, est-ce un trouble de l’oralité ?

Le refus de certains aliments peut correspondre à une phase de néophobie alimentaire normale vers deux ans. Un trouble de l’oralité se caractérise par un répertoire alimentaire très réduit, inférieur à vingt aliments à dix-huit mois, avec des réactions de dégoût marquées et une absence de plaisir à manger. Si la croissance reste régulière et que l’enfant accepte d’autres catégories d’aliments, il s’agit probablement d’une étape transitoire.

Combien de temps faut-il pour qu’un enfant accepte un nouvel aliment ?

La progression varie selon chaque enfant et la nature du trouble. En moyenne, il faut compter entre six et dix-huit mois pour observer une amélioration. La présentation progressive d’un aliment refusé passe par plusieurs étapes : le regarder, le toucher, l’écraser, le sentir, le mettre en bouche, le mâcher, le cracher, puis l’avaler. La patience et le respect du rythme de l’enfant restent essentiels.

Faut-il forcer un enfant à finir son assiette ?

Non, forcer un enfant à manger renforce les résistances et aggrave les troubles de l’oralité. Il convient de respecter les signaux de faim et de satiété de l’enfant. Proposer de petites quantités, intégrer un aliment apprécié dans l’assiette et permettre à l’enfant de cracher s’il en ressent le besoin réduisent la pression. Le cadre et le rythme des repas restent décidés par les parents, mais sans contrainte excessive.

Quels professionnels consulter en cas de suspicion de trouble de l’oralité ?

La prise en charge des troubles de l’oralité alimentaire nécessite une approche multidisciplinaire. Un médecin ou un pédiatre réalise le premier bilan. Un orthophoniste évalue les aspects sensoriels et oro-moteurs. Un psychomotricien, un ergothérapeute ou un kinésithérapeute interviennent selon les besoins. Un psychologue ou un pédopsychiatre accompagne les dimensions psycho-affectives. Le chirurgien-dentiste participe au dépistage et à la prévention.

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