Diversification alimentaire

Sommaire

Entre 5 et 7 mois, la plupart des enfants sont prêts pour manger de nouveaux aliments car, à cet âge, le développement de leurs reins et de leur intestin est suffisamment mature.

Voyons ensemble chaque étape de cette diversification alimentaire.

Étapes de la diversification alimentaire

Jusqu'à 6 mois

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) conseille l'allaitement exclusif les 6 premiers mois de vie de l'enfant, et même si possible pendant les deux premières années tout en complétant son alimentation par des repas équilibrés. Pour que le bébé reçoive une dose suffisante de lait, il est conseillé de l'allaiter au moins 3 fois dans la journée jusqu'à 1 an.

À partir de 6 mois

Ne forcez pas votre tout-petit à manger. Faites de cette période un moment de plaisir et de relation. Faites progressivement découvrir à votre enfant toute la multitude extraordinaire des saveurs, couleurs, odeurs, textures, parfums, avec curiosité et rires, et surtout avec recul vis-à-vis des injonctions médiatiques, souvent contradictoires. Selon votre culture, votre philosophie de vie, votre éthique, prenez dans ce zoom ce que vous pensez être bon pour votre enfant. Il n'est qu'un fil conducteur, avec quelques repères de base.

Bon à savoir : il existe aussi la diversification menée par l'enfant (DME) : dans ce cas, le bébé n'est pas nourri à la cuillère, et choisit lui-même ses aliments solides.

Pour commencer l'introduction de nouveaux aliments, votre bébé doit être en bonne santé ; sinon prenez le temps d'attendre qu'il soit guéri.

À noter : au cours de la première année, ne donnez ni sel (pour ne pas surcharger ses reins), ni sucre, ni épices.

Ajoutez un seul nouvel aliment par semaine, sans mélanger avec la nourriture déjà connue de lui.

  • Donnez-lui une cuillère d'un légume cuit réduit en purée très fine, facile à digérer : carotte, fenouil ou courgette par exemple.
  • Attendez quelques jours.
  • Puis, donnez-lui-en quelques cuillères de plus.
  • Commencez par les légumes, et continuez par les fruits (la pomme est bien digeste).
  • Allaitez votre nourrisson ou donnez-lui un biberon après la purée.
  • Progressivement, augmentez la quantité de purée, et diminuez la quantité de lait.

À noter : ajouter une seule sorte de légumes ou de fruits vous permet de mieux savoir si votre bébé le tolère ou non. Éruption cutanée, vomissement, diarrhée, constipation sont signes d'une intolérance à un aliment.

Lorsque votre enfant ne boit plus de lait, proposez-lui de l'eau ou une tisane, de fenouil par exemple (car le fenouil est très digeste).

À partir de 9 mois

À partir de 9 mois, votre enfant mange à la table familiale :

  • La purée peut être moins fine. Vous pouvez écraser le légume ou le fruit à la fourchette, et un peu plus tard, couper de petits morceaux qui ne sont pas durs, adaptés à ses petites mains.
  • Une fois par semaine, ajoutez un peu de jaune d'œuf ou de céréales biologiques, l'épeautre étant la céréale la plus digeste et la plus nutritive.
  • Si votre bébé a déjà des dents, proposez-lui des aliments à mâcher : un peu de poulet par exemple.

Après 1 an

Votre enfant peut manger des aliments très légèrement épicés et salés (avec du sel de mer complet iodé).

Diversification alimentaire : quelques conseils

L'alimentation des petits enfants aura un impact sur le restant de leur vie. Un bon schéma alimentaire dès le plus jeune âge leur procure un avantage à vie.

Conduite à tenir

Les experts conseillent de reproposer souvent (jusqu’à 10 fois) un nouvel aliment : « un bébé peut avoir besoin de temps pour l’apprécier », mais de ne pas forcer un enfant à manger. En outre, il faut « faire confiance à l’appétit de l’enfant » et être attentif aux signes de rassasiement.

Enfin, l’environnement du repas est important. Il s’agit, en particulier, d’éviter la présence d’écrans.

Source : Santé publique France, 13 septembre 2021.

Introduction des céréales cuites

Les céréales cuites comme l'épeautre, le riz, le millet et le quinoa, riches en fer, sont adaptées à la digestion des bébés.

  • Les céréales sont moulues finement, puis cuites.
  • Donnez 2 cuillères à café mélangées aux légumes, seulement si votre enfant le tolère bien.

Introduction de la purée d'amandes, puis de sésame, ou de noix de cajou

Vous pouvez donner une cuillère à café de purée d'amandes, car celle-ci contient beaucoup de protéines, d'acides insaturés et de calcium.

La quantité pourra être augmentée progressivement jusqu'à une cuillère à soupe rase.

Ensuite, vous pourrez remplacer 1/3 de la purée d'amandes par de la purée de sésame, qui contient 2 fois plus de calcium, de fer, et d'acides gras polyinsaturés (mais elle est un peu amère).

Si on se base sur les recommandations des experts de l’Académie européenne d’allergie et d’immunologie clinique (EAACI), il est possible de réduire le risque d’allergie alimentaire en introduisant de petites quantités d’œuf bien cuit dans l’alimentation des enfants au moment de la diversification alimentaire, en prohibant les œufs crus ou peu cuits. Dans les populations où la prévalence de l’allergie à l’arachide est élevée, ils préconisent d’introduire l’arachide, sous une forme adaptée à l’âge, au moment de la diversification, l’âge le plus adapté étant entre 4 et 6 mois.

Aliments à éviter

Évitez certains aliments peu digestes au cours de la première année :

  • oignon et ail ;
  • poireaux, poivrons, haricots, épinards ;
  • laitue et choux ;
  • agrumes ;
  • noisettes, noix ;
  • viande rouge et charcuterie ;
  • blanc d'œuf (son albumine est un possible allergène) ;
  • margarine ;
  • aliments rôtis, frits et grillés ;

Ne chauffez pas les huiles.

Bon à savoir : choisissez des céréales pauvres en gluten du fait du risque d'intolérance au niveau de l'intestin (maladie cœliaque).

Exemple de repas pour un enfant de 12 à 18 mois

Voici un exemple de repas sain et équilibré pour un enfant de 12 à 18 mois :

  • pour un enfant allaité :
    • tétée au sein,
    • pétales de céréales d'épeautre,
    • purée de fenouil ;
  • pour un enfant non allaité :
    • céréales ou galette,
    • purée de courgettes et de potimarron avec une cuillère à café d'huile de colza,
    • une protéine : yaourt ou fromage de brebis, ou poulet,
    • une compote.

À noter : pour le goûter, donnez une tétée au sein. Si vous n'allaitez pas, donnez à votre enfant un produit lacté (lait d'amandes ou yaourt de brebis) ET une galette, avec éventuellement un fruit de saison.

Précautions à prendre avec la diversification alimentaire

Préparation des fruits et légumes

Lavez toujours les fruits et légumes.

Épluchez-les, car un bébé a du mal à avaler les morceaux mal mixés.

Cuisez-les à la vapeur douce, coupés en morceaux, ou dans une casserole fermée, avec peu d'eau.

À noter : évitez la banane aux repas du soir, lourde à digérer.

Préparation de la viande

20 g de viande 2 fois par semaine sont suffisants pour couvrir les besoins d'un bébé :

  • Faites bouillir la viande de mouton et de volaille dans une grande quantité d'eau non salée ou cuisez-la à la vapeur douce.
  • Jetez l'eau.
  • Mixez la viande.

À noter : si votre enfant n'aime pas la viande, ou si vous êtes végétarien, un jaune d'œuf peut la remplacer.

Bon à savoir : un excès de viande, donc de protéines, n'est pas bon pour la santé.

Produits laitiers

Il est conseillé de limiter la consommation de yaourts et de lait de vache qui apportent trop de sucre, de calcium, de facteurs de croissance dangereux pour l'individu.

Il existe maintenant des laits et laitages végétaux de bonne qualité nutritionnelle pour l'enfant : de châtaigne, d'épeautre, d'amande, d'avoine, de riz, etc.

À noter : ne donnez pas de produits à base de soja à votre bébé.

Huile

Chez le bébé, les besoins en lipides constituent 40 % de son apport en calories pour son développement cérébral.

Les acides gras essentiels se trouvent dans les huiles bio de première pression à froid (huile de colza, noix, carthame, tournesol, sésame).

À noter : évitez les huiles extraites à chaud, car les acides gras insaturés ont eu des dégradations qui abîment leur qualité biochimique.

Sucre

De 1 à 3 ans, n'ajoutez pas (ou très peu) de sucre à l'alimentation. Il est naturellement présent dans une alimentation équilibrée, et au goûter, commencez par donner un fruit à votre enfant. Si on suit les nouvelles recommandations en matière de diversification alimentaire publiées par Santé publique France, l’introduction des produits sucrés doit être réalisée le plus tard possible et de manière limitée.

À noter : pain blanc, pain de mie, sucre blanc, gâteaux, etc. sont à éviter car ils provoquent une augmentation brutale de la glycémie, suivie d'une baisse : c'est l'effet coup de barre/fringale. Au contraire, fruits, légumineuses et céréales complètes sont digérés plus lentement et font augmenter le taux de sucre dans le sang plus progressivement.

Préparation du repas du nourrisson

Idéalement, une préparation quotidienne « maison » sera la meilleure. Il est recommandé d’ajouter systématiquement des matières grasses dans les préparations maison ou dans celles du commerce qui n’en contiennent pas.

Sinon, cuisinez pour 2 jours, en gardant une moitié au réfrigérateur pour le lendemain. Ou bien, de temps en temps, congelez dans des récipients.

Digestion et diversification alimentaire

Certains aliments sont « plutôt laxatifs » : fenouil, épinards, millet, pomme cuite, poire.

Certains sont « plutôt constipants » : banane, pomme crue, carottes, riz, pain blanc, lait en poudre trop épais.

À noter : si votre bébé est constipé, pensez à l'hydrater en l'allaitant plus souvent, ou en lui donnant une boisson, une tisane.

Bon à savoir : n'hésitez pas à demander conseil à une puéricultrice ou à votre pédiatre.

Diversification alimentaire et hyperactivité de l'enfant

Un lien est maintenant établi entre « le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité de l'enfant » et son alimentation : les aliments comme le sucre raffiné provoque une libération subite d'insuline suivie d'une hypoglycémie augmentant l'adrénaline qui induit des attitudes agressives et des troubles de l'attention.

Certains additifs alimentaires peuvent aussi accentuer l'hyperactivité.

À noter : la Commission européenne impose donc aux fabricants d'ajouter la mention : « Peuvent avoir des effets indésirables sur l'activité et l'attention des enfants ».

Ces pros peuvent vous aider